Présentation

Mercredi 7 mai 2008

Comme j'ai eu la chance de partir en Angleterre avec mon papa, sa chérie, mon petit frère et ma soeur adorée...j'ai eu envie de me replonger dans des livres en VO.
La série commence donc avec un livre bilingue, pour se remettre dans l'ambiance, du roi de la terreur américaine, j'ai nommé Monsieur Stephen King.

Deux nouvelles dans ce receuil : "The Monkey" et "Mrs Todd's shortcut".

Résumé de The Monkey/Le Singe de Stephen King :

Hal et sa famille se rendent dans la maison ou celui ci a été élevé afin de mettre en ordre les affaires de la tante Marie, qui vient de mourir. Dennis et Petey, les enfants de Hal, découvrent dans le grenier un drôle de singe. Un petit singe-jouet, au sourire très étrange, qui tient des cymbales dans la main. Lorsque les cymbales s'enclenchent, quelqu'un meurt dans l'entourage de Hal. Lorsqu'Hal était enfant, il avait découvert l'horrible pouvoir du jouet, et l'avait jeté au fond d'un puits. Il le retrouve, vingt ans plus tard, toujours aussi maléfique. Ce singe deviendra-t-il la malédiction des enfants de Hal ? Qui sera la prochaine victime ?

Note : 7/10
Pas mal...sans plus néanmoins.



Résumé de "Mrs Todd(s shortcut" de Stephen King :

L'histoire de Ophelia Todd, l'ex-femme de Mrs Todd, nous est raconté par Homer, l'homme d'entretien de la
famille Todd. Obsédée par les raccourcis, Phelia passait son temps à chercher des chemins toujours plus courts, à a travers la campagne du Maine, au volant de son petit bolide. Ou va-t-elle ? Comment fait elle pour trouver des chemins plus courts que si on les parcourait à vol d'oiseau ? Et pourquoi son apparence semble-t-elle changer au fur et à mesure de ces "raccourcis" ?

Note : 7/10
Hum ça se lit, mais il en a écrit de bien meilleurs !
publié dans : Livres lus et critiques Mai 2008
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Lundi 28 avril 2008

Encore un ! Et un roman de Steinbeck dont je n'avais encore jamais entendu parlé...

Résumé de Au Dieu Inconnu : 

Joseph, le cadet de la famille Wayne, décide, avec la bénédiction de son père, de partir à l'Ouest exploiter sa propre terre. Il s'y installe, découvre "la large prairie verdoyante, au centre de laquelle se dresse un groupe de chênes, comme un îlot vert sur un lac tendre.Il contempla la vallée, et sentit l'amour de la terre monter en lui comme un fluide chaud : Ceci est à moi, dit-il simplement".
A la mort de son père,quelques temps plus tard, les frères de Joseph : Thomas, Burton et Benjy, décident de le rejoindre et d'exploiter ensemble la ferme. Ils vivront désormais ensemble, guidé par Joseph et son amour presque païen pour la terre et la nature.

Ce roman nous raconte Joesph : "un homme qui n'est pas un homme, ou alors il est tous les hommes. La force, la résistance, le long, le pénible acheminement de la pensée de tous les hommes et toute leur joie et toute leur souffrance, alternant, s'effaçant l'une l'autre, et pourtant toujours présentes. Joseph est tout cela : un reposoir pour un peu de chaque âme humaine et plus encore un symbole de l'âme de la terre."

Véritable hymne à la Nature, ce roman est une ode à la symbiose de l'Homme et de la Terre.


Extrait d'Au Dieu Inconnu, la lettre que Joseph reçoit de Burton, son frère très pieu, à la mort de leur père :

" Père a été rappelé à Dieu il y a trois jours. Nous sommes tous restés près de lui, dans se derniers moments. Tous sauf toi. Tu aurais dû attendre.
A la fin, il n'avait plus tous ses esprits. Il a dit des choses très étranges. Il parlait e toi, mais surtout il s'adressait à toi. Il disait qu'il aurait pu vivre aussi longtemps qu'il l'aurait voulu, mais qu'il désirait voir ta nouvelle terre. Il était obsédé par cette nouvelle terre. Il disait :"Je ne sais pas si Joseph aura pu choisir une bonne terre. Je me demande s'il sait faire ces choses-là. Il faut que j'aille voir."
Et puis il a beaucoup parlé de planer en l'air au dessus du pays et il croyait qu'il le faisait. Finalement, il a paru s'endormir. Papa délirait. Je devrais taire ses paroles et ne jamais les répéter, parce qu'il n'était plus lui-même. Il parlait de l'accouplement des animaux, il disait que toute la terre était un....Non, je ne vois aucune raison de le répéter. Cela m'a troublé que ces dernières paroles n'aient pas été des paroles chrétiennes. Je ne l'ai pas dit aux autres, parce que ses derniers mots ont été pour toi, comme si tu avais été là."


Note : 9/10
Absolument magnifique.
publié dans : Livres lus et critiques : Avril 2008
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Jeudi 24 avril 2008

Les visiteurs qui viennent régulièrement sur mon blog doivent penser que je suis à la limite de la monomanie, à lire toujours les mêmes auteurs ou presque. Je pense en particulier à Steinbeck et Faulkner, qui sont deux auteurs que j'admire et dont je ne me lasse pas de lire et relire les oeuvres passionnantes. Pardon à ceux qui n'apprécient pas ces auteurs, c'est plus fort que moi ! Bientôt j'arriverai à bout des romans de Steinbeck et de Faulkner, je pourrai m'attaquer à un nouvel écrivain !! (Je voudrais lire tous les GIONO mais c'est très dangereux ! ca me donne envie de déménager en pleine campagne, sur une montagne ou dans une grotte et de me rouler dans l'herbe fraîche:p )

Un nouveau Faulkner,donc, et un des meilleurs que j'ai jamais lu, malgré le fait qu'il n'ai pas eu beaucoup de succès à sa sortie semble-t-il.

Résumé de "Tandis que j'agonise" :

Addie Bundren vient de mourir. Avant de passer, elle avait fait promettre à son mari Anse de l'enterrer dans sa ville natale : Jefferson (ca ne vous rappelle rien ? Vraiment ? Même pas la ville de "Requiem pour une Nonne" ?).
Anse et ses enfants : Cash, Jewel, Darl, Dewey Dell et Vardaman se mettent en route pour Jefferson, le cercueil de leur mère dans la charrette.  Autour de cet évènement tragique (la mort de la mère), s'articulent de nombreuses autres faits : Dewey Dell cache un secret, et cherche à résoudre un grave problème, Cash le charpentier s'inquiète au sujet du cercueil, Anse pense à ses dents, et Vardaman se demande s'il faut percer des trous dans le cercueil pour sa maman...
La construction de ce roman (où chaque personnage devient tour à tour narrateur) est vraiment très intéressante. Elle donne du rythme au roman, mais surtout, elle favorise la compréhension globale de l'histoire : Le lecteur apprend de quelle façon une situation est vue par chaque personnage et quelles sont les préoccupations annexes de ceux ci (en dehors de l'enterrement d'Adie).

"Anse :

Je lui avais dit de ne pas amener ce cheval, par respect pour sa défunte mère, parce que ça n'a pas bonne façon de le voir caracoler ainsi sur ce sacré cheval de cirque, alors qu'elle voulait que nous soyons tous avec elle dans la charrette, tous ceux de sa chair et de son sang; mais nous n'avions pas plus tôt dépassé le chemin de Tull que Darl s'est mis à rire. Assis sur la banquette avec Cash, avec sa mère couchée sous ses pieds, dans son cercueil, il a eu l'effronterie de rire ! Je lui ai dit je ne sais pas combien de fois que c'est en faisant des choses comme ça qu'il fait jaser les gens. Comme je dis toujours : même si toi t'en as pas, moi j'ai de la considération pour ce que les gens disent de ceux qui sont de ma chair et de mon sang. Quand bien même que c'est moi qui ai élevé toute cette sacrée nichée d'enfants, si tu te comportes de façon à faire jaser les gens, c'est sur ta mère que ça retombe comme je dis, pas sur moi. Moi je suis un homme et je peux endurer ça, mais c'est aux femmes, à ta mère, à ta soeur que tu devrais penser; et je me suis retournée, et je l'ai regardé qui restait là, assis secoué par le rire."

Note : 9/10 (encore!)
publié dans : Livres lus et critiques : Avril 2008
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Mardi 22 avril 2008

Encore un Steinbeck...Bientôt j'aurai dévoré l'intégralité de son oeuvre, et, la tête pleine, je pourrais passer à an autre auteur hé hé. Avec regret je dois dire, car John Steinbeck est un écrivain fantastique : De la légèreté de Tendre Jeudi à l'engagement politique d' En un combat douteux, en passant par la tragédie bibliquo-familiale dans A l'Est d'Eden , il sait absolument tout faire !!

Aujourd'hui (enfin il y a quelques jours, lors d'un trajet interminable en RER) j'ai eu la chance de pouvoir relire La Perle, petit roman de Steinbeck, étudié en classe de lettres au lycée.
A l'époque déjà, j'avais beaucoup aimé l'histoire de Kino, Juana et Coyotito. Ce fut un vrai plaisir de le relire quelques années plus tard.


Résumé de La Perle :

C'est l'histoire de Kino, sa femme Juana et leur bébé Coyotito, une famille d'origine indienne, qui vivent dans une cabane de pécheurs, sur la plage. Lorsque leur bébé se fait piquer par un scorpion, leur bonheur vole en éclats. Kino et Juana se rendent chez le médecin, à la ville, mais celui-ci refuse de soigner les indigents, et les renvoie chez eux, promettant ainsi Coyotito à une mort certaine.

C'est l'histoire de Kino,accablé par le sort et l'injustice qui frappe sa famille,qui pecha en mer la Perle du Monde, une énorme perle d'huître, à la beauté jamais égalée. Kino et Juana se rendent donc immédiatement chez les acheteurs, afin de vendre cette perle, sauver leur fils et changer de vie. Kino rêve pour son enfant de savoir, d'école et de lectures, il rêve aussi d"un fusil, et d'une vie meilleure grace à l'argent de la Perle.
Or les acheteurs sont tous employés par le même homme, et s'arrangent entre eux pour proposer a Kino un prix dérisoire, espérant qu'il se laisse berner. Kino est un homme; il refusera d'abandonner son rêve et de se laisser encore une fois spolier par ceux de la ville.

C'est l'histoire de Kino, mais c'est aussi l'histoire d'un peuple oipprimé et spolié depuis des siècles, l'histoire de la jalousie, de l'avidité, de l'amour, de la famille et de l'ambition.

C'est une très belle histoire. A lire.

"Jouant de sa lame comme d'un levier, il le fit céder et le coquillage s'ouvrit. Les lèvres de chair se crispèrent puis se détendirent. Kino souleva le repli et la perle était là, la grosse perle, parfaite comme une lune. Elle accrochait la lumière, la purifiait et la renvoyait dans une incandescence argentée. Elle était aussi grosse qu'un oeuf de mouette. C'était la plus grosse perle du monde".

Note : 9.5/10
publié dans : Livres lus et critiques : Avril 2008
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Lundi 21 avril 2008
Après avoir découvert le talent de Mauriac grâce au splendide "Thérèse Desqueyroux", j'ai souhaité lire un autre roman de cet auteur. C'est désormais chose faite, grâce au "Sagouin".

Résumé de "Le Sagouin" :


Ce roman raconte la misérable vie du petit Guillou, douze ans. Sale, arriéré, maladroit, Guillou est haï par sa mère et méprisé par tous.

Paule, la mère de Guillou, nièce d'un ancien maire de Bordeaux, ressasse sa colère de s'être piégée elle-même : Pour un titre de baronne qu'elle ne portera jamais (Mme La Baronne reste un titre réservé à la mère de son mari), elle a épousé Galéas de Cernes, un imbécile, un idiot, à la limite de l'arriéré mental, qui ne fait rien d'autre que d'entretenir les tombes du cimetière familial. Paule se retrouve coincée entre un mari, une belle mère et un fils qu'elle exècre, dans un coin de campagne reculé. Par désespoir et par désir de sortir de sa solitude, elle se lie avec un prêtre, ce qui lui vaudra au village une réputation diabolique.

Guillou, ce sagouin, s'est fait renvoyé de deux pensionnats, parce qu'il mouillait ses draps; le prêtre prétexte un surcroît de travail et refuse de venir au château (la réputation sulfureuse de Paule n'est pas étrangère à cette décision) : Mme La Baronne décide donc de se rendre au village afin de prier l'instituteur Bordas de bien vouloir donner des cours à Guillou. A son retour, elle explique à la famille le refus de l'instituteur, ce qui met Paule très en colère. Comment ose-t-il refuser d'enseigner à un enfant du château, sous prétexte qu'il ne souhaite pas "avoir des ennuis" (en référence a l'histoire de Paule et de l'ancien curé)?

Paule se rend chez l'instituteur, qui acceptera finalement de s'occuper de Guillou, lequel se révèle beaucoup moins attardé que ne l'avait décrit sa mère. Je ne vous dévoila pas la fin, sachez seulement que ce sera Galéas, ce père dégénéré, qui prendra une décision fatale pour lui et pour son fils.

Note : 9/10

Un vrai chef d'oeuvre. 139 pages (écrit gros!) qui nous emmènent au coeur de cette famille où règnent la haine et la rancoeur et où le mal-être de la mère se cristallise sur le petit Guillou. Splendide.


Extrait :

Guillou voyait le tricot marron de son père se courber entre les tombes, se relever, il entendait grincer la roue de la brouette. Demain il serait livré à l'instituteur rouge. L'instituteur pourrait mourir subitement cette nuit. Il se passerait peut être quelque chose : un cyclone, un tremblement de terre...Mais non, rien ne ferait taire  cette voix terrible de mère, rien n'éteindrait ces yeux méchants rivés sur lui qui le rendaient conscient de sa maigreur, de ses genoux sales, de ses chaussettes retombées; alors Guillaume ravalait sa salive, et pour désarmer son ennemie, tentait de fermer la bouche...
Mais la voix exaspérée éclatait (et il croyait l'entendre encore dans ce petit cimetière ou il grelottait) : "Va-t-en où tu voudras, mais que je ne te voie plus."
publié dans : Livres lus et critiques : Avril 2008
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Vendredi 18 avril 2008
Je me rappelais avoir essayé de lire "L'écume des jours" de Boris Vian quand j'étais au collège...et la seule chose dont je me rappelle et que ça ne m'avait pas plu et que j'avais laissé tomber.

J'ai donc renouvellé l'expérience avec "L'arrache Coeur", et je suis enchantée de l'avoir fait. C'est un livre unique, farfelu, touchant et drôle.



Résumer l'Arrache Coeur est une tache bien trop difficile pour moi, je me contenterai donc de vous parler du début du roman :

Jacquemort, psychiatre de son état, a un gros problème : il ne ressent aucune émotion. Il est venu dans le village où se déroule l'action pour procéder à une espèce d'identification : il veut psychanalyser une personne, intégralement, afin de lui "voler" ses désirs et ses envies, pour pouvoir les ressentir à son tour.

Au détour d'un chemin, Jacquemort aperçoit "la maison" et entend des cris à l'intérieur. Il se précipite et trouve Clémentine, la maîtresse des lieux, terrassée par les douleurs de l'enfantement. Il aidera Clémentine à accoucher de ses "trumeaux", libérera son mari qu'elle avait enfermé pour le punir de l'avoir mise enceinte, et s'installera finalement dans la maison.

Clémentine quand à elle, développera un amour possessif et obsessionnel pour ses enfants, et les trumeaux...se mettront à voler grâce aux limaces bleues.

Je ne peux pas vous en dire plus...C'est un livre absolument étonnant, drôle et fantasque, et en même temps très poétique.Je crois que les thèmes de la psychanalyse, de l'amour maternel débordant, de la honte et des conventions sociales en font un livre assez proche des surréalistes.. Mais je ne connais pas assez bien ce mouvement pour l'affirmer !

Note : 9/10
Je le recommande. On passe un très bon moment.

Un petit extrait des pensées de Clémentine :

"Les enfants appartiennent à leur mère. Puisqu'elles ont eu mal en les faisant, ils appartiennent à leur mère. Et pas à leur père. Et leurs mères les aiment, par conséquent, il faut qu'ils fassent ce qu'elles disent. Elles savent mieux qu'eux ce qu'il leur faut, ce qui est bon pour eux, ce qui fera qu'ils resteront enfants le plus longtemps possible.Les Chinoises, on leur met les pieds dans des chaussures spéciales. Peut être des bandelettes. Ou des petits étaux. Ou des moules d'acier. Mais en tout cas, on s'arrange pour que leurs pieds restent tout petits. On devrait faire la même chose pour des enfants entiers. Les empêcher de grandir. Ils sont bien mieux à cet âge la. Ils n'ont pas de besoins. Ils n'ont pas de désirs. Plus tard, ils vont pousser. Ils vont étendre leur domaine. Ils vont vouloir aller plus loin. Et que de risques nouveaux. S'ils sortent du jardin, il y a mille dangers supplémentaires. Que dis-je mille ? Dix mille. Et je ne suis pas généreuse."


publié dans : Livres lus et critiques : Avril 2008
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Jeudi 17 avril 2008
Je n'ai pas pu résister à l'envie de lire la suite de Sanctuaire ! Je l'ai donc commandé sur www.livrenpoche.com(avec 12 autres romans hé hé) pour la très modique somme de 1.50€ !


Rappelez vous Sanctuaire : Une jeune fille de bonne famille, Temple Drake,  fait l'école buissonnière pour rejoindre un de ses amis, et se retrouve suite à un accident de voiture, chez un distillateur de whisky clandestin.
Elle y sera témoin d'un meurtre commis par un des hommes qui se trouvaient là bas, l'étrange Popeye. Celui ci la violera, la kidnappera et l'installera dans une chambre d'un bordel de Memphis, où elle restera plusieurs semaines. Je ne vous dévoile pas l'intrigue dans son ensemble mais sachez juste que Temple retournera finalement auprès de son père et de ses frères. Si vous voulez en savoir plus, je vous renvoie à mon article sur Sanctuaire.

Dans "Requiem pour une nonne", nous retrouvons les personnages de Temple, ainsi que celui de Gowan Stevens, le camarade d'université qui avait emmené Temple chez le distillateur et qui est donc à l'origine de toute son infortune.  Pour se faire pardonner, Gowan a épousé Temple. Ils ont maintenant deux enfants, un garçon et une fille, encore bébé. Monsieur et Madame Gowan Stevens habitent dans une grande maison bourgeoise et ont recueilli Nancy Mannigoe, une ex-prostituée ex-droguée, pour s'occuper de leurs enfants.

Il est important de préciser que la construction de "Requiem pour une nonne" est très inhabituelle : il est composé alternativement de parties "dialoguées", et de chapitres historiques sur la naissance des édifices ou se déroule l'action proprement dite. Trois édifices sont décrits : Le Tribunal, le Capitole (où réside le gouverneur d'état) et la Prison. Chacun d'eux figure en même temps de portique d'un acte et le lieu où les scènes se passent.

Lorsque la partie "dialoguée" du roman commence, on apprend que Nancy a étouffé volontairement le bébé dont elle avait la garde, et qu'elle a été condamnée à la mort par pendaison à son procès. Temple va se rendre chez le gouverneur d'Etat pour tenter de faire déclarer Nancy folle et ainsi la sauver de la condamnation à mort. Pourquoi ? Vous l'apprendrez en lisant "Requiem pour une Nonne".

Un petit extrait du chapitre historique sur les origines du Capitole, et la colonisation progressive du territoire :

"[...] Et c'est alors que vint l'Anglo-Saxon, le pionnier, l'homme de haute taille vociférant sous l'effet du whisky et des Saintes Lettres Protestantes; Bible et cruchon d'une main; de l'autre (à l'occasion) un tomahawk de Peau-Rouge, gueulard et turbulent, non par méchanceté mais par exubérance glandulaire; époux soumis et polygame : marié, mais célibataire endurci, traînant derrière soi, à travers les forêts vierges infestées, sa femme enceinte et la majeure partie de la famille de sa belle-mère; mettant l'enfant au monde le plus souvent à l'abri d'un tronc d'arbre hérissé de fusils, loin de tout lieu consigné sur les cartes, puis engrossant la mère de nouveau sans attendre d'avoir atteint le but vers lequel le poussait l'impatience de ses jambes, ce qui ne l'empêchait pas de déposer sa semence impétueuse dans des centaines de ventres noirs à travers des centaines de milles de terres inviolées; innocent et gobeur, ignorant l'avarice, la pitié, la prévoyance, changeant la face de la terre : abattant un arbre qui avait mis deux cent ans à pousser afin d'en faire descendre un ours ou d'en extraire une pleine casquette de miel sauvage;[...]"


Note : 9/10
Mon Petit Plus :  l'opinion de l'auteur sur la conquête des États Unis, et sur son pays en général; la construction du roman qui le rend extrêmement rythmé et agréable à lire. Ce roman a été adapté par CAMUS au théâtre, je serai vraiment curieuse de voir ce que cela donne.
Mon P'tit Moins : RAS






publié dans : Livres lus et critiques : Avril 2008
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Mardi 15 avril 2008
Encore un Giono..et depuis la lecture de "que ma joie demeure" je recherche avidement à replonger dans l'univers de cet auteur.

Résumé de Colline de Giono : 

Aux Bastides blanches, sur une colline de Provence, sont accrochées quatre maisons. Douze personnes vivent
ici: Gondran, sa femme Marguerite et son beau-père Janet; Aphrodis et Babette Barbaud et leurs deux petites filles, César Maurras, sa vieille mère et leur valet et enfin Jaume et sa fille Ulalie. Il y a aussi Gagou, un simple d'esprit échoué aux bastides trois ans auparavant.

La vie suit son cours dans la Colline quand Janet, le beau-père de Gondran commence à "déparler". Il a plus de quatre vingt ans, est infirme et désormais, c'est comme si sa tete était une passoire, trop remplie, elle laisse passer les souvenirs :
" Ma tete est pleine, voila, et elle craque toute seule dans l'ombre, comme un vieux bassin. On me laisse seul tout le temps, je ne peux pas parler, ca s'accumule dans moi, ça pèse sur les os. Il en coule bien un peu par les yeux, mais les gros morceaux, ça peut pas passer, ils restent dans la tête."
"Les gros morceaux de quoi ?"
" De vie, Jaume. [...] Je me souviens de tout ce que j'ai fait dans ma vie."

Et puis c'est le silence, absolu, étrange et inquiétant qui s'installe sur la Colline. Les hommes s'interrogent. Janet quand à lui, raconte à Gondran :
-"Ça (le silence), c'est mauvais : apprends-le mon fi, c'est d'une fois comme ça, que c'est parti..."
- "Quoi ?"
- "Ça se dit pas."

Le Silence continue à régner sur la Colline. Les hommes s'inquiètent. Ils ont peur devant cette Terre vivante, peur de sa force et de sa méchanceté. Peur aussi de lui avoir fait trop mal depuis tant d'années et d'avoir oublié comment l'écouter.
D'abord...l'eau se tarit. Plus une goutte pour abreuver les habitants de la colline. Et puis Jaume aperçoit le chat, ce chat noir qui revient hanter la colline avant chaque catastrophe.Et Marie, la petite d'Arbaud, tombe gravement malade. Et l'incendie survient. Tant de malheurs qui frappent le hameau...Seul Janet semble jubiler, le chat étendu sur son corps malingre et moribond. Serait-il à l'origine de tous ces maux ? C'est le mystère que Gondran, Jaume et les autres tenteront d'élucider.

Note : 8/10

Mon P'tit Plus : Encore une fois chez Giono, la véritable Nature, omnisciente et vivante, est un personnage à part entière. Ses romans me donnent envie de m'allonger par terre, dans l'herbe mouillée, de respirer tres fort, de laisser entrer en moi les parfums du sol, et de ressentir la force de cette Nature qui m' entoure...et par là même prendre conscience de ma propre faiblesse.
Mon P'tit Moins : RAS
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Lundi 14 avril 2008
Le Charme noir...premier roman de Queffelec, juste avant les Noces Barbares qui lui vaudront prix Goncourt et célébrité.

Drôle de roman que ce Charme Noir, drôle de personnage ce Marc Frocin, drôle d'expériences et drôle de vie...

Résumé :

Marc Frocin, inapte à la vie depuis ses débuts. Son enfance s'agite autour de la pharmacie paternelle, dans l'absence de cette mère enfuie avec un vigneron de la région et auprès de ses frères Tim et Marcel,de son oncle Adolphe et de sa terrifiante grand-mère.


Marginal,menteur,débauché et cynique, il rejoindra les appelés d'Algérie sur un coup de fureur...Le début du roman plonge le lecteur dans l'abjection et l'absurdité de la guerre et de ceux qui la font. Loin des gros titres des journaux français, Marc va connaître l'Algérie dont on ne parle jamais. Celle de la cruauté, de la haine et du vice, mais aussi du désoeuvrement, de la peur et de la démence.

Difficile de parler de ce roman, dont le personnage mêle si habilement mensonges et vérités : le lecteur, comme les personnes qui gravitent dans l'entourage de Marc, ne savent plus a quel saint se vouer. Personnalité destructrice voir cannibale, Marc nous assène tout de même quelques vérités, de celles qui blessent et qui donnent le tournis :

Quelque chose comme :

lorsque Sylvia, la compagne de Marc, s'interroge sur le déclin de leur vie sexuelle :

" Eut-elle pu jurer qu'elle n'avait pas favorisé l'irruption dans leur vie de ces négligences répétées qui font de l'autre une routine ou un étranger : le laisser-aller progressif de la voix, de l'hygiène et du geste, l'humeur qui s'aigrit, l'amour bâclé rapprochant sans les unir deux élans solitaires ?"

Un autre extrait, les pensées alambiquées de Marc :

"J'aimais bien les piqûres. Leur pincement suraigu mais bref n'appartenait pas à la douleur. Je dégustais cet instant où l'aiguille engendrait sur ma peau l'éclair d'une sensation que je pouvais rester des heures à décortiquer après."


Lorsque Marc, jeté en prison pour avoir bravé son chef en Algérie :

"La lucarne était ménagée dans la porte même. Elle étalait autour de moi les rudiments d'un jour électrique, et je déchiffrais sur les parois, gravés dans le ciment, maints blasphèmes aux dépens de l'armée : l'écriture une fois de plus suppléait l'action."

Note : 8/10. Une écriture violente, crue et animale comme je les aime.

Mon P'tit Plus : Le voyage final dans la conscience de Sylvia, la bouillie qu'elle fabrique littéralement avec son amour et ses souvenirs. :"Elle cueillit du bout de la mouvette une parcelle et goûta.C'était répugnant, délicieusement répugnant. Elle avala, ecoeurée, mais satisfaite : Elle avait affecté d'une saveur l'infamie."

Mon P'tit moins : RAS
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Jeudi 10 avril 2008

Trois nouvelles dans ce recueil : Mort à Venise, Tristan et Chemin du Cimetière.

Un style que j'ai trouvé au premier abord assez difficile, non pas tant par le vocabulaire employé que par les idées véhiculées.




Résumé de Mort à Venise :

Dans la première nouvelle de ce recueil, Thomas Mann nous raconte l'histoire de Gustav Aschenbach, écrivain reconnu et sérieux, la cinquantaine. 1911,Gustav travaille tous les matins, l'écriture selon lui exige"une attention toujours en garde, une circonspection et des soins infinis, une volonté pressante et rigoureuse".
Lors d'une promenade dans un parc de Munich, il aperçoit un homme étrange...dont la vision provoque chez lui une irrépressible envie de voyage. Il décide de partir, d'abord au bord de la mer, puis finalement à Venise.
A l'hôtel il rencontrera un adolescent issu d'une famille polonaise, dont il tombera éperdument amoureux. Ou plus précisément l'artiste Gustav tombera amoureux de la Beauté, personnifiée par le jeune garçon.

"Le garçon était d'une si parfaite beauté qu'Aschenbach en fut confondu. La pâleur, la grâce sévère de son visage encadré de boucles blondes comme le miel, le nez droit, une bouche aimable, une gravité charmante et quasi divine, tout cela faisait songer à la statuaire grecque de la grande époque, et malgré leur perfection formelle les traits avaient un charme si personnel, si unique, qu'Aschenbach ne se souvenait d'avoir vu ni dans la nature ni dans les beaux arts une si parfaite réussite."

De nombreuses références helléniques parsement Mort à Venise. Il est intéréssant également d'observer de l'intérieur ce que l'auteur considère comme un "tempérament d'artiste". Tempérament que l'on retrouvera dans la nouvelle suivante en la personne de Spinell.

La seconde nouvelle s'intitule Tristan. Résumé :

Trois personnages principaux dans cette nouvelle assez ironique, et apparemment décriée par la critique lors de sa parution en 1903.
Mr Kloterjahn, négociant allemand vulgaire et sur de lui,emmène sa femme Gabrielle dans la maison de repos Einfried, afin qu'elle soit soignée de ses problèmes  de trachée. Dans ce sanatorium, Gabrielle fera la connaissance de Spinell, un autre malade. Spinell, en admiration devant Gabrielle, réveillera en elle de vieux souvenirs, qui la jetteront dans une sorte de confusion mentale. Voici quelques unes des paroles de Spinell, sa réaction à un souvenir d'enfance que Gabrielle lui raconte, lorsqu'elle rejoignait ses amies pour bavarder autour de la fontaine du jardin familial:

[...] Dieu que c'est beau ! Le fait qu'il y avait à part vous six autres jeunes filles, que vous n'étiez pas de leur nombre, que vous vous en détachiez comme une reine, pour ainsi dire...Vous vous distinguiez de vos six amies. Une petite couronne dorée, d'apparence toute modeste, mais pleine de signification, reposait sur votre chevelure étincelante..."

Enfin, la dernière nouvelle du recueil s'intitule Le chemin du cimetière. Une nouvelle brute, courte, et dont le ton est très différent des deux précédentes.
Miné par la vie, le personnage principal de cette nouvelle est tombé dans la déchéance après la perte de sa femme et de ses trois enfants. Il perd son travail et sombre dans l'alcool. Sur le chemin du cimetière, il croise un jeune homme à vélo et s'en prend à lui. Le jeune homme est "la vie triomphante face au marginal solitaire".
Je n'en dirais pas plus, c'est une étrange nouvelle, qui nous apprend que "le malheur détruit la dignité de l'homme".

Note : 7.5/10

Mon P'tit Plus : l'Artiste ! Thème principal de deux des trois nouvelles, on en apprend beaucoup sur l'essence et la vie spirituelle de l'Artiste avec un grand A. Spinelle en représente d'ailleurs une sorte d'antithèse.
Mon P'tit moins : Écriture pas facile à aborder, il faut s'accrocher, Thomas Mann nous explique des idées compliquées dans un langage qui ne l'est pas moins. Mais ça vaut le coup...C'est très beau.

publié dans : Livres lus et critiques : Avril 2008
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