Présentation

Lundi 19 octobre 2009
Quel plaisir d'avoir retrouvé mes deux heures de Rer (et de lecture) quotidiennes !
Grâce à ce nouveau job, et aussi à la braderie de la médiathèque de Torcy, me voilà en possession d'un tas de nouveaux romans. Notamment l'excellent "Cicatrices" de Tony Davidson.



Résumé de Cicatrices :

D'abord il y a Click, ses clichés étranges, ses photos intérieures effrayantes, Panic et sa bosse à l'arrière de la tête, Exit et sa manie de le récurer violemment au détergent...L'univers de l'enfant dont le père danse en récitant des mantras, à demi nu, tourbillonnant dans le paysage désolé, est presque irréel.
Et puis il y a Fright. Avec son frère Jake, ils se cachent sous la voiture, pour échapper au bruit de ceinture qui caractérise leur père, et au gros nez de Joachim. Fright se souvient de sa mère, de son sourire et des baisers papillons qu'elle déposait chaque soir sur eux. Il se souvient aussi de sa tete qui heurte le plancher, des fleurs rouges et marrons qui sont devenues énormes, et qui se sont ouvertes devant son visage.
Il y a aussi Josie, et Languid. Et le BreathHouse Hospital.

Ces vies brisées, Sad et Peterson, de chaque coté de l'Atlantique, les décortiquer, les manipuler, les analyser. Psychiatres qui méprisent leur science telle qu'elle est pratiquée sur les divans urbains, ils vont mener des expériences sur ces malades dont personne ne se soucie, sur lesquels leur pouvoir est désormais sans limite.

Décrivant un monde malade et pourrissant avec talent, Toni Davidson fait le choix de plonger le lecteur dans l'horreur, et de l'y maintenir. Angoissant, troublant, implacable, certains disent qu'il y a du Welsh dans Cicatrices, et meme du Faulkner. Sans aller aussi loin, c'est un roman excellent.

Pour les lecteurs avertis, et ...dérangés ;)
- Publié dans : Auteurs D (Dickey...) :
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Samedi 17 octobre 2009
Dans le cadre de l'opération proposée par Le Livre de Poche, j'ai reçu ETAT DE CHOC de Margaret Murphy. Je dois avouer ma déception lorsque j'ai lu la mention "thriller" sur la couverture, ce genre n'étant pas un de mes préférés...Et pour cause.



Résumé :

Un petit garçon de huit ans environ est retrouvé errant dans les rues en pyjama.Il semble traumatisé et refuse de parler à quiconque. Malgré la couverture médiatique dont cette affaire dispose, personne ne se présente pour venir récupérer l'enfant. Sa découverte succède à la tentative d'enlèvement d'un autre petit garçon, quelques jours auparavant.

Un couple, famille d'accueil, que le récent départ du petit Luke a fragilisé, est chargé de recueillir le petit garçon au pyjama. Celui ci semble souffrir d'étranges cauchemars mais réussit néanmoins à tisser des liens silencieux avec la femme, Jenny.

S'ensuivent une standardiste obsessionnelle et névrosée, un psychiatre beau gosse, une sombre histoire d'adultère, plusieurs meurtres, une enquête...

Commentaire :

Bof...L'auteur, au style alambiqué, semble ne pas trop savoir ou elle va. Il en résulte pour le lecteur une sensation brouillon : certaines phrases se veulent si mystérieuses que j'ai été obligée de les relire, pour être sure de n'avoir rien raté. Le thème pourtant prometteur de la fausse mémoire n'est pas bien exploité, et les situations sont trop prévisibles ou larmoyantes.
A lire éventuellement lors d'un voyage en train ou dans une salle d'attente.

- Publié dans : Auteurs M (Mishima, Mérimée, Mauriac..) :
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Mardi 6 octobre 2009
Toujours dans la série des romans rapportés gentiment par mon papa il y a une quinzaine de jours, voici le commentaire de "Les filles, c'est vraiment des pauvres types" de Christine Van de Putte.



Résumé :

Bibile habite dans le Nord, dans les années 60. Dans son jardin il y a un marronnier qui parle. Avec son frère aîné Sylvain, c'est la bagarre quotidienne, les jeux dans la boue, les virées chez les voisins pour voir la télé.

Papa, c'est le chef, celui qui connaît tout et celui qui met des bonnes raclées à Sylvain. Bibile, elle, grâce à sa voix perçante et aux cris de goret qu'elle pousse dès qu'il s'approche, échappe aux corrections paternelles.
Un jour, De Gaulle traverse le village. Un autre jour, les parents l'oublient chez les gentils voisins, mais c'est pas grave, ils ont la télé. Et puis l'amie de Bibile s'enfuit, parce que Syvlain est vraiment insupportable.
Une autre fois, Sylvain écrase Bibile avec la voiture familiale. Et puis Bibile confie au marronnier qu'un jour elle aura une caravane. Et qu'ils partiront ensemble découvrir le monde, et être tranquilles.

De toute façon les filles, c'est vraiment des pauvres types, c'est Syvlain qui l'a dit.

Commentaire :

Bien écrit, farfelu, divertissant. On passe un bon moment avec Bibile et sa drôle de famille.

- Publié dans : Auteurs V (Vian...) :
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Samedi 26 septembre 2009
Mon père m'a rapporté cinq ou six romans, tout beaux, des éditions de l'Olivier. Voilà qui m'est très utile, en ces temps de disette.

J'ai commencé par "Étrangère en ce monde" de Kevin Canty. Arrivée à la page 160...je me suis rendue compte que les différents personnages que j'y avais rencontré jusque là n'allaient pas se rencontrer. Que je tenais entre mes mains un recueil de nouvelles et non un roman, comme je m'y attendais. Étrange de réaliser cela à plus de la moitié du bouquin. Mon point de vue de lecteur a donc complètement changé pour les 60 dernières pages.

Résumé de Étrangère en ce monde, de Kevin Canty.



Certaines des nouvelles de ce recueil sont fascinantes. Je vais m'arrêter sur Jolie Judy, La Victime et Etrangere en ce monde, qui clôture le recueil. Ce sont celles qui m'ont vraiment marquées, les nouvelles dont j'attendais avec impatience que les personnages se rencontrent enfin.

Jolie Judy :

Paul est un adolescent d'une banlieue américaine quelconque. Tous les jours, il passe devant la maison de Judy, jeune handicapée mentale de vingt ans, rose et souriante, dans ces t-shirts de gamine. Un jour ennuyeux d'été, il monte lui dire bonjour, sur son invitation, profitant de l'absence de cette mère droite et sèche comme un roseau. Et sa main touche Judy. Pas Paul, non, juste sa main, comme si elle était soudainement animée d'une volonté propre. Cette grosse fille simple, réagit comme un animal à son contact. A la recherche du seul plaisir immédiat, elle râle et se tortille, réclame. Alors Paul l'allonge sur la moquette.
Et Judy, cinq ans d'age mental, incapable de s'habiller seule, réclame. Et Paul recommence, chaque mercredi, lorsque la Mère s'absente. Et Judy envahit les pensées de Paul. Le gros corps rose de Judy, ses yeux vitreux lorsqu'il est en elle, son avidité à rechercher sans complexe le plaisir, sa curiosité, sa déception lorsqu'il se retire, le hante. Est ce que Judy et Paul sont égaux ? Ou cherche-t-il seulement à s'en convaincre ?

Une nouvelle dérangeante. Quelque chose entre la nausée et l'anxiété envahit le lecteur dès les premières lignes. C'est superbement écrit.

La Victime :

Lorsque Tina et Boby se retrouvent à la plage , en ce soir d'octobre, elle sent que quelque chose de terrible va arriver. Une vague appréhension, un sentiment de malaise plane au dessus du couple. Alors elle pense à son travail de télé-opératrice, aux attelles qui viennent d'être fixées sur ses avant bras pour combattre la maladie des gestes cent fois répétés, au corps parfaitement maigre de Bobby, à la sensation de liberté qu'elle éprouve lorsqu'elle rêve à ses cotés pendant qu'il conduit.
Et puis...elle voit la voiture de Bobby, dans laquelle est venue s'encastrer une Chevrolet Monte Carlo bleue foncé. Et puis Lyle, la quarantaine éméchée en sort. Propose de l'argent pour dédommager Bobby. Les conduit chez lui pour récupérer les trois cent dollars dont il leur a parlé. Ici, dans la foret, dans cette caravane moisie, complètement retournée par la tempête de la semaine précédente, de sorte que le plafond est la cloison, les canapés sont à la verticale, la porte d'entrée sous ses pieds, ici, Ça arrive. Tina ferme les yeux, Tina perd ses repères, Tina réagit. Et plus rien ne sera jamais comme avant.

Cette nouvelle m'a procuré d'intenses émotions, un suspense haletant, une étrange impression d'être Tina, ou d'être Bobby ou Lyle, ou les trois à la fois. D'étre perdue comme eux, comme tous les autres aussi. Et assister à son destin et à son présent de l'extérieur, comme une spectateur. Kevin Canty réussit la encore un formidable pari.

Étrangère en ce monde :

Je ne vais pas résumer cette nouvelle : ce serait tricher que de dévoiler son essence et sa vérité. Mais ça parle de la solitude, de la sensation de coton dans laquelle nous sommes parfois, sans but et sans souvenirs. Sans même vraiment avoir l'impression d'exister, d'être la. Cette nouvelle parle aussi des rêves, des hallucinations, des choses que l'on fait parfois sans qu'elles nous ressemblent. La nouvelle nous rappelle que parfois/souvent/en permanence (rayez la mention inutile), nous ne savons ni qui nous sommes, ni pourquoi nous sommes sur terre. Et qu'au fond, on s'en fout.

Ce recueil a le talent de poser tant de questions, et de ne donner aucune réponse. Loin d'être aussitôt lu aussitôt oublié, ce recueil est un canevas d'interrogations existentielles qui s'inscrit, dès la première lecture, dans mon top 10. Illico. Je vous le conseille !



- Publié dans : Auteurs C (Cohen, Céline...)
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Jeudi 24 septembre 2009
Second commentaire, et puis j'arrête pour aujourd'hui.

Je viens de terminer un excellent roman de Marguerite Yourcenar, ainsi qu'un commentaire sur cette oeuvre. Je me souviens avoir acheté ce livre l'année dernière et l'avoir trouvé extrêmement compliqué. Une fois n'est pas coutume, je l'avais rangé, et abandonné. Comme je suis fauchée, je ne peux hélas pas acquérir de nouvelles lectures ces temps ci, et j'ai donc fouillé la bibliothèque pour trouver un nouveau roman à me mettre sous la dent. C'est là que j'ai retrouvé Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar. Un grand moment de littérature.



Résumé de Mémoires d'Hadrien :

A vingt ans, Marguerite Yourcenar entame l'ambitieux projet d'écrire un roman dont, Antinous, favori de l'empereur Hadrien et berger de Bythinie serait le narrateur. Après plusieurs refus des éditeurs, elle abandonne cette idée et détruit les manuscrits.
Vingt ans plus tard, à la suite de la découverte d'une phrase dans une vieille lettre ("Mon cher Marc...") elle décide de reprendre son projet : cette fois, ce sera Hadrien, alors en fin de vie, qui méditera sur mon passé et sa vie.

Historiquement précis et juste, ce roman piqué de philosophie est étonnant et brillant. Hadrien raconte (et le talent de Yourcenar est tel que l'on entend la voix d'Hadrien) sa vie, son accession au pouvoir, ses débuts brouillons de jeune militaire provincial. Il parle (à Marc-Aurèle) de ses projets, de ses accomplissements comme de ses erreurs parfois mesquines, nous raconte les émotions d'un puissant sage au IIeme siècle. A la fois artiste et savant, spirituel et militaire, l'Homme, comme l'Empereur, inspire à la fois crainte et respect.

« Les dieux n'étant plus et le Christ n'étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc Aurèle, un moment unique où l'homme seul a été. » G.Flaubert.

Une œuvre magnifique. Pas aussi ardue qu'elle n'en a l'air. A lire.
- Publié dans : Auteurs Y (Yourcenar...)
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Jeudi 24 septembre 2009
Je suis tellement, tellement, en retard sur mes articles que j'en ai presque honte ! Depuis la dernière publication, j'ai lu 9 romans, et un commentaire sur une œuvre; autant vous dire qu'il va m'être difficile de rattraper tout ça.

Commençons alors avec Lunar Park, de mon très cher Bret Easton Ellis.



Acheté (oui, oui, un livre NEUF!) lors d'un voyage en train Vendée-Paris, j'ai complètement accroché au dernier brillant roman de cet auteur, contemporain mais si cher à mon cœur.

A tel point qu'en refermant Lunar Park, je me suis précipitée sur : Glamorama, American Psycho, Zombies, Les Lois de l'attraction et Moins que Zéro, dans l'ordre de leur parution. J'ai donc eu la chance de passer une semaine complète en compagnie de Bret, des différents Bateman, et des étudiants blasés de Camden. La re-lecture complète de ses œuvres publiées et la plongée dans l'imaginaire déjanté, pervers et explosif de cet auteur m'ont ravi ! Je crois que...je l'envie de tant de talent, de cette capacité presque effrayante à tout écrire de ses pensées, même les plus morbides, meme les plus inavouables, d'avoir le courage d'aller aussi loin dans le dévoilement de lui-même et de sa propre folie.
Car il est bien question de l'auteur, dans Lunar Park. Cette auto fiction, (genre dangereux par excellence, tant il est facile de tomber dans l'idéalisation de soi-même en tant qu'écrivain créateur) a pour sujet Bret, l'auteur, aujourd'hui.

Résumé de Lunar Park :

Bret a écrit son premier roman, Moins que Zéro, à vingt et un ans. S'en suivent les femmes, l'argent, le sexe, la drogue, les soirées, l'alcool, les grandes marques, les hommes, les interviews et les tournées, la Décadence Blasée, et même un enfant.

Bret habite désormais avec Jayne, actrice adulée et névrosée, dans une de ces banlieues chics et ultra-sécurisées, où le quotidien est rythmé par les séances de psy des enfants, les soirées d'Halloween, les virées au centre commercial.

Cette situation tragi-comique de l'écrivain rangé (mais pas trop) tourne vite au cauchemar : Le fantome de son père vient le hanter, d'étranges meurtres sont commis, Bateman, le personnage d'American Psycho fait irruption sporadiquement dans sa vie sous le nom de Clayton, sa moquette change de couleur, les murs pèlent, hantés par d'étranges et macabres souvenirs, son fils est un zombie, pale reflet de ce qu'il était lui même à son age, blasé, indifférent, malheureux et seul; Bret se drogue, a peur, boit, et dort dans la chambre d'amis. Bret pleurniche, rencontre un étrange enquêteur, veut sauter Aimée Light et se demande si le chien lui veut du mal. Bret voit des monstres, des griffures ensanglantées, des tombes dans son jardin. Bret sombre dans la folie. A moins que le monde ne devienne fou et qu'il soit le seul assez lucide pour s'en rendre compte. A moins que le monde et Bret ne deviennent fous ensemble.

Comme d'habitude chez cet auteur, ça va vite, très vite. C'est déjanté, éblouissant et contrôlé. Ca me ressemble. J'adore.



- Publié dans : Auteurs E (Ellis...)
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Lundi 27 juillet 2009

Depuis longtemps déjà, je m’étais promis de relire le Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. Après tout, c’est grâce à cette pièce que je porte le prénom de Roxane, il me semble que c’est faire preuve d’un minimum de reconnaissance que de relire son histoire.

 

Résumé de Cyrano de Bergerac :

Hercule Savinien de Cyrano de Bergerac, est un noble Gascon, membre des Cadets du Capitaine Carbon de Castel-Jaloux (rien que ça !). Brillant orateur, fantastique poète et homme audacieux, il n’a qu’un défaut : il est laid. Son nez, immense, à tel point qu’il prétend lui-même, avoir grâce à lui « pignon sur rue », le défigure  et l’empêche de déclarer sa flamme à sa cousine, la belle Roxane.

Christian, baron de Neuvillette, jeune homme dont la beauté n’a d’égale que son manque d’éloquence avec les femmes, entre dans la compagnie de Cyrano. Amoureux de la fameuse Magdeleine Robin, dite Roxane, il n’ose lui parler, et se contente de l’observer depuis le parterre du théâtre ou elle se rend.

Lorsque Roxane confie à Cyrano sa passion pour Christian, son grand cœur, bien que brisé, le pousse à aider la femme qu’il aime, et à la rendre heureuse. Il décide donc d’aider Christian à conquérir Roxane, et lui propose d’écrire les lettres qui lui sont destinées.

Roxane, conquise par l’esprit de celui qu’elle croit être son amant, bien plus encore que par sa beauté de jeune cadet, succombe aux mots enflammés que lui adresse un autre.

Commentaire :

Les mots sont superbes, les rimes fantastiques, Cyrano passionnant, tonitruant… Une excellente pièce, à lire et à relire.

- Publié dans : Auteurs R (Rheims...) :
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Lundi 20 juillet 2009

Pendant ces quelques jours de repos sous le soleil relatif des Deux Sèvres, j’ai eu le temps de lire, ou plutôt de relire Œdipe Roi de Sophocle. Un petit commentaire rapide sur cette œuvre mondialement connue.

Quelle destinée tragique que celle d’Oedipe ! Je vous rafraîchis tout de même la mémoire :

Laïos, roi de Thèbes, enlève Chrysippe, fils de Tantale. En punition de cette faute impardonnable, il est condamné à ne jamais avoir d’enfant, sinon celui ci le tuerait et abattrait la malédiction sur toute sa famille. Laïos épouse Jocaste, et se lamente sur la stérilité de leur union. Mais quand celle ci accouche finalement d’un fils, Œdipe, Laïos prend peur et décide d’envoyer un de ses bergers tuer l’enfant.

Résumé d’Œdipe Roi :

 

Au moment où débute la pièce, Œdipe, après avoir délivré Thèbes de la Sphinx et de ses malédictions, s’est vu offrir par les citoyens reconnaissants la main de Jocaste, et le trône. 

La reine lui a donné 4 enfants, deux garçons (Polynice et Etéocle) et deux filles (Ismène et Antigone). Je rappelle qu’Œdipe, qui connaît la malédiction qui pèse sur lui (il doit tuer son père et partager le lit de sa mère) a fui depuis longtemps ceux qu’il croit être ses parents : Polybe et Mérope.

Devant son Palais, les citoyens de Thèbes réclament de nouveau l’aide de leur roi bien-aimé, afin de combattre la peste qui sévit sur la ville. Œdipe, touché, décide de consulter l’oracle de Delphes pour savoir comment sauver Thèbes. L’oracle lui révèle que la Peste qui dévaste la cité est due à la présence du meurtrier de Laïos en ses murs.

Œdipe appelle tout citoyen détenant des informations sur l’assassinat de Laïos à se présenter devant lui. Il condamne publiquement le meurtrier, interdit à quiconque de lui adresser la parole ou de l’aider, et exige qu’il soit puni à la hauteur du crime qu’il a commis.

Tirésias, le devin aveugle, entre en scène. Tout d’abord il refuse de dévoiler le nom du meurtrier. Œdipe le soupçonne de vouloir protéger l’assassin et exige qu’il parle. Tirésias dévoile alors la vérité et les circonstances de la mort de Laïos.

Œdipe est troublé par les révélations du vieillard, mais ne peut y croire. En réaction, il accuse alors Créon, fils de Laïos et de Jocaste, de chercher à lui nuire.

Approche alors un messager venu de Corinthe : il annonce à Œdipe la mort de Polybe, son père et sa prochaine accession au trône. Œdipe est bouleversé …Ne lui avait on pas prédit qu’il tuerait son père ? Le messager confirme alors à Œdipe qu’il n’est pas le fils de Polybe : il a lui même remis Œdipe enfant à Polybe et Mérope, après l’avoir reçu d’un vieux berger.

Le vieux berger, seul survivant de l’escorte de Laïos,  est convoqué devant le roi, et explique que Laïos lui a remis un enfant, en lui donnant l’ordre de le supprimer, craignant la malédiction. Le berger, ému, a préféré remettre l’enfant à un Corinthien.

Toute la lumière est désormais faite : Jocaste, prise d’horreur, se pend dans ses appartements. Lorsqu’il la découvre, Œdipe comprend alors sa situation : Meurtrier de son père, époux de sa mère, a la fois père et frère de ses enfants, il se crève les yeux pour échapper à la vision de son funeste destin. Il quitte la ville, tel un mendiant, et se rend à Colonne.

A lire et à relire, tant pour l’indicible beauté des mots, que pour la dimension psychologique de cette œuvre. Œdipe expie la faute de son père Laïos, qui a voulu défier les dieux. Ses enfants, Ismène, Antigone, Polynice et Etéocle, porteront eux aussi ce terrible fardeau.

- Publié dans : Auteurs S (Sartre, Steinbeck...) :
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Mardi 7 juillet 2009

La semaine dernière, je vous l'ai dit, je me suis mise au travail. Une heure plus tard, j'avais écrit pour vous, et pour moi aussi, un article assez long sur Les Fleurs du Mal de Baudelaire, recueil que j'ai eu la chance de lire et qui m'a beaucoup marqué. A l'heure fatidique du point final, mon Pc, qui n'avait pourtant manifesté aucun symptome alarmant depuis plusieurs mois, s'est brutalement et implacablement éteint.


La perte de mon article fut un moment cruel que je n'ai pas encore surmonté. En tous cas pas suffisament pour le réecrire dans sa totalité.

C'est pourquoi je vais aujourd'hui vous parler, non des Fleurs du Mal, mais d'un roman léger assorti à l'été. Un polar, pour vous dire ! Un de ces bons vieux bouquins à la couverture jaune poussin, éditions du Masque; un de ceux qu'on lit lors d'un voyage ou au gré d'un pique nique et qui foisonnent dans les échoppes des bouquinistes.


Rien que le titre était ..authentique. Bistouri Blues. Ca promet.

..

Résumé :


Années 2000, Paris, Hôpital Lariboisière. Un vol de vésicule biliaire se produit dans l'unité de chirurgie digestive du célebre établissement parisien. En pleine opération. Plus étrange encore, ce rapt d'organe est réalisé par... un homme grenouille.

Le chirurgien est un « fou » de jazz, folie que semblent confirmer les piercings qu'il porte de façon à pouvoir passer le cordon des écouteurs au travers des anneaux. L'enquêteur, ami du précédent, et chargé de l'affaire, a un don pour les femmes, l'origami, le café torréfié et l'épuisement de sous fifres.

Ces deux individus excentriques joignent alors leurs forces singulières, et se lancent sur les traces d'un curieux trafic d'organes, sur fond d'infirmières bulgares, de transsexuels, de terrorisme, de musique expérimentale et de technologie médicale de pointe.


Commentaire :


Ca va vite, très vite ! Les personnages sont attachants sans être trop profonds. L'intrigue bien développée, mais pas trop alambiquée, Les filles sont belles et peu farouches. Et les méchants très cruels et machiavéliques. Les éléments du roman policier contemporain sont réunis au plus grand plaisir du lecteur.


Vous savez maintenant que je n'affectionne pas la littérature moderne... mais j'ai passé un excellent moment avec Bistouri Blues, lauréat du prix du roman d'aventures.J'ai parfois tiqué devant tant d'invraisemblances, et de vocabulaire maladroit.

Et puis... j'ai réalisé que j'avais sous les yeux un roman policier moderne, bien loin des standards de ma bibliothèque, et que je devais simplement laisser faire la magie de l'aventure, sans me préoccuper d'y trouver la Beauté et la Vérité, que je cherche tant (et parfois vainement) dans les romans « Classiques » que j'adore cependant.


Conclusion : Parfait pour un Paris-Bordeaux ....d'aventurier !


 

- Publié dans : Auteurs K (Kundera, King...) :
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Lundi 29 juin 2009
 

J'ai encore une fois pris beaucoup de retard sur mes lectures à commenter. L'organisation n'est pas mon point fort, que je travaille ou non.

Voici néanmoins plusieurs critiques, de la poésie, un témoignage, un roman, et un recueil d'extraits d'œuvre. Au boulot !

Mon amoureux a eu la gentillesse de m'offrir un livre écrit par une femme qu'il a rencontré sur son lieu de travail. Bien que je ne lise pas souvent d'histoires vécues, j'ai englouti "Sheh ! Bien fait pour toi" en quelques heures seulement, à l'occasion d'une légère insomnie.

Résumé de "Sheh, Bien fait pour toi !" : 

 

Hacina Zermane est algérienne, maman de 5 enfants, séropositive, entière, battante, courageuse, sensible, femme.  

En collaboration avec Myriam Mascarello, journaliste à France 24, elle livre sans détour son histoire.

 

Hacina nous raconte son enfance, dans un milieu où la honte, la crainte des on-dits, et la tradition ne laisse que trop peu de place au dialogue et à la compréhension.

Hacina nous confie son adolescence, marquée de drames et d'errances, dans le milieu de la rue des années 80.

Hacina nous dit l'amour, qui l'enveloppe et la soulève, la passion à laquelle elle s'abandonne naturellement, sans appréhension ni doute.

Hacina nous expose ses enfants, sa vie de femme, sa crédulité, son inconscience et sa force, terrible et implacable.

Hacina nous chuchote le SIDA.

Hacina nous crie le silence et l'indifférence qui entoure sa maladie.

 

Hacina nous éclaire, enfin, et nous présente cette lueur d'espoir, brillante, étincelante, chaude et inaltérable.

 

Commentaire :

 

...

Quels commentaires pourrais je bien me permettre de faire sur la vie incroyable de simplicité, de difficultés et surtout de force de cette femme admirable ?

Quels commentaires pourrais je bien me permettre de faire sur l'écriture fluide, harmonieuse et expressive de Myriam Mascarello ?

...

Bravo Hacina. Merci Myriam.

- Publié dans : Auteurs Z (Zola...) :
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