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Lundi 29 juin 2009
 

J'ai encore une fois pris beaucoup de retard sur mes lectures à commenter. L'organisation n'est pas mon point fort, que je travaille ou non.

Voici néanmoins plusieurs critiques, de la poésie, un témoignage, un roman, et un recueil d'extraits d'œuvre. Au boulot !

Mon amoureux a eu la gentillesse de m'offrir un livre écrit par une femme qu'il a rencontré sur son lieu de travail. Bien que je ne lise pas souvent d'histoires vécues, j'ai englouti "Sheh ! Bien fait pour toi" en quelques heures seulement, à l'occasion d'une légère insomnie.

Résumé de "Sheh, Bien fait pour toi !" : 

 

Hacina Zermane est algérienne, maman de 5 enfants, séropositive, entière, battante, courageuse, sensible, femme.  

En collaboration avec Myriam Mascarello, journaliste à France 24, elle livre sans détour son histoire.

 

Hacina nous raconte son enfance, dans un milieu où la honte, la crainte des on-dits, et la tradition ne laisse que trop peu de place au dialogue et à la compréhension.

Hacina nous confie son adolescence, marquée de drames et d'errances, dans le milieu de la rue des années 80.

Hacina nous dit l'amour, qui l'enveloppe et la soulève, la passion à laquelle elle s'abandonne naturellement, sans appréhension ni doute.

Hacina nous expose ses enfants, sa vie de femme, sa crédulité, son inconscience et sa force, terrible et implacable.

Hacina nous chuchote le SIDA.

Hacina nous crie le silence et l'indifférence qui entoure sa maladie.

 

Hacina nous éclaire, enfin, et nous présente cette lueur d'espoir, brillante, étincelante, chaude et inaltérable.

 

Commentaire :

 

...

Quels commentaires pourrais je bien me permettre de faire sur la vie incroyable de simplicité, de difficultés et surtout de force de cette femme admirable ?

Quels commentaires pourrais je bien me permettre de faire sur l'écriture fluide, harmonieuse et expressive de Myriam Mascarello ?

...

Bravo Hacina. Merci Myriam.

- Publié dans : Auteurs Z (Zola...) :
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Vendredi 5 juin 2009
En cette période de drames, il était difficile de trouver un moment pour s'évader de la réalité sinistre qu'est la notre ces derniers temps. Ce fut pourtant le cas pendant 40 petites minutes, en début d'après midi. Après avoir conscienscieusement réalisé quelques menus travaux ménagers, m'être servie un café au lait bien chaud, et confortablement installée dans le canapé, j'ai ouvert les Enfants Terribles de Cocteau.
Une merveille.Une brutale claque dans la figure. Portée par l'écriture fluide et imagée de l'auteur, me voici plongée dans l'univers d'une pureté sournoise de la chambre de Paul et d'Elizabeth.



Résumé :

Cité Monthiers, Paris 9eme. Paul vient de recevoir une boule de neige dans laquelle était cachée une lourde pierre. Il s'écroule, sous les yeux de son idole et auteur du méfait, Dargelos. Paul sera dès lors, en raison de sa faible santé, privé d'école. Il sera désormais consigné à son appartement, où veille sur lui sa soeur ainée de 2 ans, Elizabeth.
Comme seuls savent le faire les enfants quand les grandes personnes ne les regardent pas, les deux enfants ont crée un univers fantastique et clos, une caverne aux merveilles dont eux seuls connaissent les secret et les règles.La chambre.

La chambre est recréee pendant des années, dans de multiples endroits, avec de nombreuses configurations et dominants successifs. Son atmosphère est chargée d'émotions, de rancoeurs, de manipulations et d'amour. Elle est le seul espace dans lesquels les enfants, puis les adolescents vivent et complotent.

La relation entre Paul et Elizabeth, tendre mais impitoyable torture, jeu sadique et innocent à la fois, fascinent Gérard, un camarade de Paul. Il ressent envers ce dernier le meme flot de sentiments mélant véneration et mortification,que nourrit Paul à l'égard de Dargelos. Gerard, la Girafe, sera progressivement admis dans la chambre où il deviendra spectateur-victime-témoin de l'intense relation d'amour et de destruction entre Paul et Elizabeth. Il sera rejoint par Agathe, dont la ressemblance physique avec Dargelos amènera la chambre à l'implosion finale.

Commentaire :

Jusqu'à la fin ! En 40 minutes, j'ai tout oublié et j'ai partagé leur vie, retenu mon souffle, souffert, compris.
Grace à son extraordinaire talent, Cocteau nous entrouvre la porte d'un monde...ahurissant. 

Je suis à court d'idées et de mots, au contraire de ce formidable auteur, et préfere vous livrer quelques extraits.

"Bete de race elle était, bete de race elle voulait Paul, et cette petite fille qui roule en express pour la première fois, au lieu d'écouter le tam tam des machines, dévore le visage de son frère, sous les cris de la folle, la chevelure de folle, l'émouvante chevelure de cris flottants par instants sur le sommeil des voyageurs".

"Seul Gérard se réserve. Il détourne la tete. Jamais il n'eut osé prétendre à épouser la pythonisse, la vierge sacrée. Il fallait, comme dans les films, un jeune automobiliste qui l'enlève, qui ose ce geste, faute de connaitre les défenses du lieu saint."

"Les enfants terribles se bourrent de désordre, d'une macédoine poisseuse de sensations." 




- Publié dans : Auteurs C (Cohen, Céline...)
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Vendredi 5 juin 2009
J'ai reçu dans le cadre de Masse Critique de Babélio l'essai politique "La Caste" de David Rothkopf. Très intéréssée par le sujet de la mondialisation et des dommages collatéraux qu'elle occasionne, j'ai dévoré ce livre costaud mais bien construit en quelques jours.




Résumé :

L'auteur nous présente la Caste, ces quelques 6000 hommes amenés à prendre quotidiennement des décisions qui affecteront plusieurs millions de personnes dans le monde.

Historiquement, la Caste a toujours existé. Hier composée de chefs politiques et d'élites nationales, elle est aujourd'hui, à l'ère de la globalisation, constituée en majorité de dirigeants issus du monde des affaires et de la finance. Ce sont eux qui détiennent le pouvoir dans le monde.

S'appuyant sur le principe de Valpero, selon lequel, à la fin du XIXeme siecle, 20% des italiens détenaient 80% des richesses de leur pays, Rothkopf nous démontre, chiffres et interviews à l'appui, que cettz théorie est toujours valable aujourd'hui, et peut etre étendue au niveau mondial. En effet, aujourd'hui 10% de la population mondiale détient 85% de la richesse globale.

Qui sont ils, ces 6000 hommes qui influent sur le sort de 6 milliards d'êtres humains ? Que veulent ils ? Quelle est la nature de leur pouvoir ? Ou se réunissent ils, et quelles alliances sont passées lors de ces mêmes réunions ? Qui sont leurs opposants et quel est leur poids ? Quel avenir nous réserve les choix que nos élites effectuent aujourd'hui ?

Le membre moyen de la Caste aujourd'hui est un homme de 58 ans, blanc. Il a fait des études universitaires dans une école prestigieuse (probablement Stanford, Harvard ou Chicago). Il a fait carrière dans la finance et les affaires, et est étroitement lié à une entreprise, une institution, un gouvernement ou une organisation militaire. Notre membre moyen est riche (des 1 000 milliardaires que comptent la planète, presque tous font partie de la Caste).

Voilà ce que vous devez être, et avoir, pour devenir membre de l'élite mondiale. Pas évident, hein?
Se pose par conséquence les questions suivantes : Comment des personnes aussi différentes que le commun des mortels, par leur richesse, leur origine sociale et leur parcours universitaire peuvent représenter le reste du monde, puisqu'ils ne leur ressemblent pas ? Et comment croire par conséquent à l'ascension sociale que nos dirigeants prétendent accessibles à tous ?

Commentaire :

L'auteur, avec clarté et pertinence, répond à bien questions. Meme si sa subjectivité à ce sujet est parfois discutable, voire meme agaçante, il s'agit ici d'un essai complet et éclairé, sur un sujet crucial pour la compréhension du monde et l'avenir de l'humanité.

Il y a beaucoup de bonnes choses, et de bonnes idées dans "La Caste". Par une présentation claire et à la portée de tous les esprits, sans toutefois tomber dans le simplisme, Rothkopf nous amène à réfléchir au monde qui nous entoure, au système dont nous sommes une part si importante et pourtant si ...impuissante.

Je suis moins d'accord avec sa théorie selon laquelle il est crucial aujourd'hui de définir des institutions mondiales fonctionnelles et efficaces, voir meme un gouvernement mondial. Mais j'y réfléchirai. Avec l'aide notamment des nombreuses références indiquées dans la bibliographie de La Caste.

En résumé, amis lecteurs, précipitez vous sur La Caste, de David Rothkopf. C'est pertinent, instructif et accessible, et cela ouvre des pistes de réflexion sur des sujets très importants.





- Publié dans : Auteurs R (Rheims...) :
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Mardi 2 juin 2009
Me revoilà avec une nouvelle critique, d'un roman lu la semaine dernière, lors d'un week end prolongé chez ma grand-mère. Elle me l'a gentiment prêté.

Les tortues de Zanzibar, de Giles Foden est une sorte de thriller politico-dramatique. A mes souhaits. :)



Résumé :

Miranda est une jeune recrue du service de sécurité national américain, qui vient d'atterir à Dar Es Salam, en Tanzanie. Khaled cherche à se venger des assassins de ses parents, brutalement égorgés par les infidèles. Nick, biologiste marin, débarque à peine sur Zanzibar pour une étude sur la flore marine. Enfin, Queller, professionnel de la question du Moyen Orient auprès des services secrets américains, poursuit sans relache le chef d'un groupe terroriste dont il est persuadé de l'importance.

Ces quatre personnalités, aux desseins et origines différentes, vont vivre ensemble une aventure hors du commun. Quatre histoires, quatre destins sur fond de paysages exotiques, de secrets d'état, qui raviront le lecteur...le temps d'un voyage en train par exemple.

Commentaire :

Autant dire que Les tortues de Zanzibar n'est pas le genre de roman que j'affectionne. Mais certains éléments du roman et sa construction élaborée rendent sa lecture agréable et facile.

Le lecteur assiste, telle une petite souris, à la préparation des attaques terroristes, mais également aux réunions des hommes de l'ombre de la sécurité américaine.

Bien qu'étant indubitablement une fiction, il est bon de lire certains faits avérés et parfois méconnus du public tels que la participation active du gouvernement américain dans la formation de groupes aujourd'hui terroristes, notamment en Afghanistan, lors de la lutte contre le régime soviétique de l'époque. Ou l'excellente connaissance qu'a depuis des années la sécurité nationale américaine sur les activités terroristes de ce qui deviendra plus tard l'organisation Al Quaida.

J'ai d'autant plus apprécié cet aspect du roman que je suis actuellement en train de lire un subjectif mais néanmoins excellent essai politique intitulé "La Caste" de l'auteur David Rothkopf, dont certains chapitres traitent de l'élite miliaro-industrielle mondiale et de l'influence de celle ci.

En résumé, les Tortues de Zanzibar est une fiction agréable à lire. Néanmoins c'est un thriller moderne classique dans sa forme et relativement prévisible dans sa construction et son dénouement.

A lire sur la plage :)






- Publié dans : Auteurs F (Faulkner, Fitzgerald...) :
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Mercredi 27 mai 2009
Après plusieurs mois d'absence sur le blog, me voici de retour avec du temps et de la determination (oui,je sais j'ai deja promis d'etre rigoureuse !)à revendre.
De nouveau au chomage depuis fin février, mon absence sur la toile est la funeste conséquence de mes déboires professionnels. Etant donné que je n'effectue plus mes deux heures quotidiennes de transport en commun, je lis moins. Mea Culpa ;)

Mais heureusement BlogObook m'a sorti de ma léthargie littéraire en me faisant parvenir "Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde" de Steven Hall. Le premier roman de cet auteur anglais, que je viens à peine de terminer.



Résumé :

Eric Sanderson est amnésique. Un certain nombre d'indices laissés par l'ancien Eric Sanderson, avant qu'il ne perde la mémoire, l'amène à vivre une aventure extraordinaire. Selon Eric, il existe des poissons conceptuels partout dans le monde. Ces poissons se nourrissent des idées des hommes, de leurs pensées, de leurs souvenirs. L'un des plus gros requins, le ludovicien, traque Eric sans relache, le retrouvant dans la masse des concepts et idées créées par l'homme grace à ses pensées et ses habitudes. Heureusement, plusieurs tactiques permettent à Eric de lui échapper momentanément : il crée autour de lui une boucle conceptuelle, se cache parmi des livres ou adopte la physionomie et la personnalité d'un collègue.
Au cours de ses recherches sur son ancien lui meme, Eric rencontre Scout et le docteur Fidorous, deux etres dont la vie est entierement consacrée à la destruction du ludovicien, ou plutot a l'anéantissement d'une personnalité unique vivant dans plus d'un millier de corps, grace au ludovicien.

Commentaire :

Ca vous parait compliqué, n'est ce pas ? Et bien, ca l'est, rassurez vous. Ce premier roman m'a tout d'abord intrigué, puis très vite ennuyé enfin, franchement déçu. Je crois que le commentaire approprié serait : "Tout ça pour...ça ?".

Merci tout de meme a BlogObook, et à l'éditeur. Je me tourne de nouveau vers la littérature plus classique. Je viens d'ailleurs de recevoir "les ames mortes", "les enfants terribles", "frankenstein", " du coté de chez Swan" et bien d'autres encore. Je m'en régale d'avance.

A très bientot tous :D

Roxane

- Publié dans : Auteurs H (Hage, Hemingway..) :
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Dimanche 1 mars 2009
Merci à vous tous d'avoir été et d'être si fidèles à nos rendez vous plutot...disparates sur devorelivre depuis maintenant un an.
En espérant continuer à échanger avec vous, lecteurs passionnés si différents les uns dans autres, ces opinions enrichissantes.
Merci encore ...et bisou :D
- Publié dans : Présentation
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Dimanche 1 mars 2009
J'ai tant aimé le Bâtard que je me suis immédiatement jetée sur Le petit arpent du bon Dieu, autre roman du talentueux Erskine Caldwell.
Un roman en deux parties, dont la construction est déroutante.
Ty Ty Walden est un homme heureux. Propriétaire de plusieurs hectares de bonne terre, il vit avec ses deux fils Buck et Shaw, sa fille cadette Darling Jill, et sa bru Griselda.
Les Walden, depuis 15 ans creusent des trous profonds dans leur terre, persuadés qu'ils sont de trouver bientôt un filon d'or. Si d'immenses trous éventrent la terre, un seul arpent est néanmoins toujours épargné. C'est le bout de terrain que Ty Ty réserve à Dieu. Parfois il dit qu'il va y cultiver des légumes, et les donnera alors à l'église. Mais au fond de lui, c'est tout simplement "pour Lui faire plaisir et pour Lui montrer qu'il a un peu de Lui en lui même". Cette terre, cependant, , est déplacée sans arrêt,selon les envies de la famille de creuser a tel ou tel endroit.

L'autre fille de Ty Ty, Rosamond, vit dans une ville industrielle proche de la ferme. Elle a épousé Will, une "gueule de bourre", qui, récemment licencié, n'a de cesse de vouloir remettre le courant à la filature,et que les ouvriers ré ouvrent l'usine. Il y a Pluto aussi, dans ce monde coloré : gros benêt transpirant et naïf, qui désire ardemment épouser la délurée Darling Jill, et se faire élire shérif. Il reste Uncle Felix et Black Sam, qui vivent et travaillent avec leurs familles sur la propriété. Et Dave, albinos capturé au lasso par les Walden dans le marais, et qui, au lieu de trouver instinctivement le filon tant espéré, s'éprend de Darling Jill, au point de ne plus vouloir s'enfuir.

Du grotesque de la premiere partie,on rira ou du tout moins on sourira de tant de facéties, de la simplicité animale des     Walden, de leur sagesse proverbiale contestable, et de la cocasse ménagerie que cette famille forme. Dans la seconde partie du roman, c'est la cruauté qui prend le plus de place. Les femmes, le sentiment, le drame, la misère sociale font une brutale apparition.

Les descriptions de certains sentiments, tres forts, tres crus, exprimant l'animalité de l'homme, le sang, le désir sexuel proche de l'exigeance, la haine, la jalousie sont édifiantes et parmi les plus belles jamais lues jusqu'a présent. La poésie de Caldwell, dans la poussière jaune de la Caroline, provoque le réveil en dedans, du battement sourd du souvenir que l'homme porte de son bestialité refoulée.

C'est pour l'instant le coup de coeur de l'année pour moi, que la découverte, plus en détail, de l'oeuvre d'Erskine Caldwell. Et je n'aurai de cesse de le conseiller, et de lire les quelques 17 romans qu'il a laissé derrière lui.

- Publié dans : Auteurs C (Cohen, Céline...)
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Lundi 23 février 2009

Il m’est vraiment difficile d’être rigoureuse dans l’écriture et la publication des articles… Déjà une semaine que j’ai terminé « Chronique d’une mort annoncée » et « Sula », respectivement de Gabriel Garcia Marques et de ma chère Toni Morrison.

 

Commençons alors par  « Sula ». J’ai gardé un excellent souvenir de « Beloved », roman du même auteur.

 

Résumé de « Sula » de Toni Morrison :

 

Ohio, 1920.  Les blancs se sont appropriés la vallée, à l’abri des intempéries, la où la terre est grasse et fertile, et ont laissé les Noirs s’installer au Fond, sur les collines, la ou les graines semées sont emportées par le vent, ou rien ne pousse, que désespoir et désolation.

 

Au Fond, vivent Nel et Sula. Ces deux petites filles, bien que d’éducation et d’histoires très différentes vont développer une amitié très forte, un lien puissant qui ne se rompra qu’après le départ de Sula pour on ne sait où.

Plusieurs années plus tard, lorsque Sula réapparait au Fond, les deux amies sont heureuses de se retrouver. Nel et Sula, auparavant semblables et complices ont pris des chemins différents. Nel, mariée depuis quelques années a des enfants et joue son rôle d’épouse et de mère, comme n’importe quelle femme du Fond. Sula quant à elle, indépendante, audacieuse, fait vite scandale dans le village. D’une nonchalance presque diabolique, elle attire à elle les hommes mariés du village, y compris Jude, le propre époux de Nel. Celle-ci, brisée, ne peut pardonner à son amie le vide que son insouciance a crée dans sa vie : seule, abandonnée dans une misère complète, Nel prend conscience du vide de son existence, entièrement dédiée à sa famille, aujourd’hui éclatée.

Chose étrange : la présence de Sula est si menaçante pour chaque homme, chaque femme et chaque enfant du Fond, que ceux-ci se solidarisent et une harmonie se créée. Sula, en incarnant le vice et le Mal, équilibre le village et ses habitants, qui représentent soudain, tous, ensemble, le Bien.

 

Commentaire :

 

Un petit roman intéressant, qui mériterait d’être étudié plus attentivement (si j’en avais seulement le temps). L’aspect manichéen, l’angoisse transformée en énergie, la résignation sont des thèmes de Sula que j’aimerai pouvoir explorer.

A conseiller, bien que moins  étoffé que « Beloved ».

- Publié dans : Auteurs M (Mishima, Mérimée, Mauriac..) :
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Lundi 9 février 2009

Prêté dimanche dernier (merci Alex !) …fini lundi dernier. Ce roman de Nancy Huston (auteur que j’avais découvert avec le superbe « Empreinte de l’ange » revient dans mes lectures avec ce roman « Dolce Agonia ». Une belle découverte, moins bouleversante que le précédent, mais un bon moment de lecture.

 

Résumé de Dolce Agonia :

 

Douze convives sont réunis chez Sean, pour fêter Thanksgiving ensemble. Ce sont des poètes, des professeurs, des philosophes, des auteurs à succès, tous dans la cinquantaine, ou presque. Leurs histoires d’amour communes, leurs brouilles, leurs espoirs et même la fin à laquelle ils sont tous destinés nous sont révélées par Dieu lui même, narrateur de ce roman.

Des monologues intérieurs révélateurs de la complexité infinie de la nature humaine aux souvenirs qui se rappellent douloureusement à chacun lors de cette soirée, le lecteur sait tout de chacun des invités, et apprend à les connaître de l’intérieur.

C’est cette construction spéciale, couplée au talent de narratrice de Nancy Huston, qui, encore une fois, sait exprimer la souffrance intime de chaque personnage, qui rend ce roman intéressant et unique.

 

Commentaire :

 

Dolce Agonia m’a plu et j’ai passé un (court) et bon moment avec ce roman. Je regrette néanmoins que tout soit si rose et si sucré. J’aime la Nancy Huston de « l’empreinte de l’ange », qui sait si bien raconter la violence et la mort, le sexe et la cruauté. Elle m’a manqué ici. J’espère la retrouver dans « Instruments des Ténèbres », qui m’attend sur ma table de nuit.

- Publié dans : Auteurs H (Hage, Hemingway..) :
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Lundi 2 février 2009

Décidément, c’est une bien mauvaise habitude que j’ai prise que de lire les romans avant de les offrir. Celui-ci, « Le Culte de la Charogne » d’Albert Libertad, faisait partie des cadeaux destinés à mon papa, qui me l’a gentiment prêté aussitôt que je le lui ai offert.

 

J’y ai découvert un courant politique sur lequel je n’avais que des préjugés, et qui m’a donné envie d’en savoir plus sur l’anarchisme, sur leurs idées, et sur les hommes courageux qui ont fait naître ce courant.

 

Résumé du « Culte de la Charogne » de Libertad :

 

Ce livre est une anthologie des textes écrits et publiés entre 1897 et 1906 par le féroce et très controversé Albert Libertad.  Du repos forcé le dimanche à l’inepte fête du 14 juillet, des faux révolutionnaires aux socialistes enragés qui ferment le débat à grands coups de béquilles plombées, de l’ouvrier qui courbe la tête à l’aristocrate oisif qui lui prend sans scrupule (et sans révolte !) le fruit de 15 heures de labeur quotidien, de la liste non exhaustive des taches et travaux inutiles à ceux que l’auteur glorifie comme salutaires au bien commun, nombre de sujets sont abordés dans ce recueil.

 

Ce qui est le plus intéressant selon moi, c’est de comparer et d’examiner les similitudes de la société du début du 20eme siècle à celle d’aujourd’hui.  

Le Culte de la Charogne, non content d’informer le lecteur sur un courant de pensée relativement méconnu (en dehors des traditionnels clichés…), entraine le lecteur dans une réflexion générale sur l’évolution de la société et de ses mœurs.  

Voulons nous vraiment d’une société telle que celle-ci (et c’est particulièrement vrai en cette période de troubles sociaux) ? Souhaitons-nous réellement changer les choses ? A commencer par les fondements d’une organisation dans laquelle les faibles sont de plus en plus exploités et abusés ? Et les riches de plus en plus puissants ? Jusqu’ou chacun d’entre nous est il près à aller pour prendre, fut-ce par la force, le chemin de la liberté ?

 

Un extrait :

Tu te plains de la police, de l’armée, de la justice, des casernes, des prisons, des administrations, des lois, des ministres, du gouvernement, des financiers, des spéculateurs, des fonctionnaires, des patrons, des prêtres, des proprios, des salaires, des chômages, du parlement, des impôts, des gabelous, des rentiers, de la cherté des vivres, des fermages et des loyers, des longues journées d’atelier et d’usine, de la maigre pitance, des privations sans nombre et de la masse infinie des iniquités sociales.

Tu te plains ; mais tu veux le maintien du système où tu végètes. Tu te révoltes parfois, mais pour recommencer toujours. C’est toi qui produis tout, qui laboures et sèmes, qui forges et tisses, qui pétris et transformes, qui construis et fabriques, qui alimentes et fécondes !

 

Quelque soit votre opinion politique, ou la tendance à laquelle vous appartenez, je vous conseille de lire ce recueil, réédité chez Agone.  Pour le témoignage historique d’un homme engagé au début deu siècle. Pour la force de son écriture, pour les questions épineuses qu’il soulève, pour tout simplement le talent et la passion qu’on sent sous chaque mot, chaque phrase de Libertad.

 

Commentaire :

 

J’ai vraiment beaucoup apprécié cette anthologie. Certaines questions me bouleversent. La tyrannie du suffrage universel (en ces temps sarkoziens), le pouvoir du vote, la résignation, la prostitution, la misère et les différentes formes de combat. Vraiment très intéressant.

- Publié dans : Auteurs L (Lawrence, Levi...) :
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