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Lundi 21 avril 1 21 /04 /Avr 11:32
Après avoir découvert le talent de Mauriac grâce au splendide "Thérèse Desqueyroux", j'ai souhaité lire un autre roman de cet auteur. C'est désormais chose faite, grâce au "Sagouin".

Résumé de "Le Sagouin" :


Ce roman raconte la misérable vie du petit Guillou, douze ans. Sale, arriéré, maladroit, Guillou est haï par sa mère et méprisé par tous.

Paule, la mère de Guillou, nièce d'un ancien maire de Bordeaux, ressasse sa colère de s'être piégée elle-même : Pour un titre de baronne qu'elle ne portera jamais (Mme La Baronne reste un titre réservé à la mère de son mari), elle a épousé Galéas de Cernes, un imbécile, un idiot, à la limite de l'arriéré mental, qui ne fait rien d'autre que d'entretenir les tombes du cimetière familial. Paule se retrouve coincée entre un mari, une belle mère et un fils qu'elle exècre, dans un coin de campagne reculé. Par désespoir et par désir de sortir de sa solitude, elle se lie avec un prêtre, ce qui lui vaudra au village une réputation diabolique.

Guillou, ce sagouin, s'est fait renvoyé de deux pensionnats, parce qu'il mouillait ses draps; le prêtre prétexte un surcroît de travail et refuse de venir au château (la réputation sulfureuse de Paule n'est pas étrangère à cette décision) : Mme La Baronne décide donc de se rendre au village afin de prier l'instituteur Bordas de bien vouloir donner des cours à Guillou. A son retour, elle explique à la famille le refus de l'instituteur, ce qui met Paule très en colère. Comment ose-t-il refuser d'enseigner à un enfant du château, sous prétexte qu'il ne souhaite pas "avoir des ennuis" (en référence a l'histoire de Paule et de l'ancien curé)?

Paule se rend chez l'instituteur, qui acceptera finalement de s'occuper de Guillou, lequel se révèle beaucoup moins attardé que ne l'avait décrit sa mère. Je ne vous dévoila pas la fin, sachez seulement que ce sera Galéas, ce père dégénéré, qui prendra une décision fatale pour lui et pour son fils.

Note : 9/10

Un vrai chef d'oeuvre. 139 pages (écrit gros!) qui nous emmènent au coeur de cette famille où règnent la haine et la rancoeur et où le mal-être de la mère se cristallise sur le petit Guillou. Splendide.


Extrait :

Guillou voyait le tricot marron de son père se courber entre les tombes, se relever, il entendait grincer la roue de la brouette. Demain il serait livré à l'instituteur rouge. L'instituteur pourrait mourir subitement cette nuit. Il se passerait peut être quelque chose : un cyclone, un tremblement de terre...Mais non, rien ne ferait taire  cette voix terrible de mère, rien n'éteindrait ces yeux méchants rivés sur lui qui le rendaient conscient de sa maigreur, de ses genoux sales, de ses chaussettes retombées; alors Guillaume ravalait sa salive, et pour désarmer son ennemie, tentait de fermer la bouche...
Mais la voix exaspérée éclatait (et il croyait l'entendre encore dans ce petit cimetière ou il grelottait) : "Va-t-en où tu voudras, mais que je ne te voie plus."
Publié dans : Auteurs M (Mishima, Mérimée, Mauriac..) :
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