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Jeudi 24 avril 2008

Les visiteurs qui viennent régulièrement sur mon blog doivent penser que je suis à la limite de la monomanie, à lire toujours les mêmes auteurs ou presque. Je pense en particulier à Steinbeck et Faulkner, qui sont deux auteurs que j'admire et dont je ne me lasse pas de lire et relire les oeuvres passionnantes. Pardon à ceux qui n'apprécient pas ces auteurs, c'est plus fort que moi ! Bientôt j'arriverai à bout des romans de Steinbeck et de Faulkner, je pourrai m'attaquer à un nouvel écrivain !! (Je voudrais lire tous les GIONO mais c'est très dangereux ! ca me donne envie de déménager en pleine campagne, sur une montagne ou dans une grotte et de me rouler dans l'herbe fraîche:p )

Un nouveau Faulkner,donc, et un des meilleurs que j'ai jamais lu, malgré le fait qu'il n'ai pas eu beaucoup de succès à sa sortie semble-t-il.

Résumé de "Tandis que j'agonise" :

Addie Bundren vient de mourir. Avant de passer, elle avait fait promettre à son mari Anse de l'enterrer dans sa ville natale : Jefferson (ca ne vous rappelle rien ? Vraiment ? Même pas la ville de "Requiem pour une Nonne" ?).
Anse et ses enfants : Cash, Jewel, Darl, Dewey Dell et Vardaman se mettent en route pour Jefferson, le cercueil de leur mère dans la charrette.  Autour de cet évènement tragique (la mort de la mère), s'articulent de nombreuses autres faits : Dewey Dell cache un secret, et cherche à résoudre un grave problème, Cash le charpentier s'inquiète au sujet du cercueil, Anse pense à ses dents, et Vardaman se demande s'il faut percer des trous dans le cercueil pour sa maman...
La construction de ce roman (où chaque personnage devient tour à tour narrateur) est vraiment très intéressante. Elle donne du rythme au roman, mais surtout, elle favorise la compréhension globale de l'histoire : Le lecteur apprend de quelle façon une situation est vue par chaque personnage et quelles sont les préoccupations annexes de ceux ci (en dehors de l'enterrement d'Adie).

"Anse :

Je lui avais dit de ne pas amener ce cheval, par respect pour sa défunte mère, parce que ça n'a pas bonne façon de le voir caracoler ainsi sur ce sacré cheval de cirque, alors qu'elle voulait que nous soyons tous avec elle dans la charrette, tous ceux de sa chair et de son sang; mais nous n'avions pas plus tôt dépassé le chemin de Tull que Darl s'est mis à rire. Assis sur la banquette avec Cash, avec sa mère couchée sous ses pieds, dans son cercueil, il a eu l'effronterie de rire ! Je lui ai dit je ne sais pas combien de fois que c'est en faisant des choses comme ça qu'il fait jaser les gens. Comme je dis toujours : même si toi t'en as pas, moi j'ai de la considération pour ce que les gens disent de ceux qui sont de ma chair et de mon sang. Quand bien même que c'est moi qui ai élevé toute cette sacrée nichée d'enfants, si tu te comportes de façon à faire jaser les gens, c'est sur ta mère que ça retombe comme je dis, pas sur moi. Moi je suis un homme et je peux endurer ça, mais c'est aux femmes, à ta mère, à ta soeur que tu devrais penser; et je me suis retournée, et je l'ai regardé qui restait là, assis secoué par le rire."

Note : 9/10 (encore!)
- Publié dans : Auteurs F (Faulkner, Fitzgerald...) :
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