Décidément, c’est une bien mauvaise habitude que j’ai prise que de lire les romans avant de les offrir. Celui-ci, « Le Culte de la Charogne » d’Albert Libertad, faisait partie des cadeaux destinés à mon papa, qui me l’a gentiment prêté aussitôt que je le lui ai offert.
J’y ai découvert un courant politique sur lequel je n’avais que des préjugés, et qui m’a donné envie d’en savoir plus sur l’anarchisme, sur leurs idées, et sur les hommes courageux qui ont fait naître ce courant.
Résumé du « Culte de la Charogne » de Libertad :
Ce livre est une anthologie des textes écrits et publiés entre 1897 et 1906 par le féroce et très controversé Albert Libertad. Du repos forcé le dimanche à l’inepte fête du 14 juillet, des faux révolutionnaires aux socialistes enragés qui ferment le débat à grands coups de béquilles plombées, de l’ouvrier qui courbe la tête à l’aristocrate oisif qui lui prend sans scrupule (et sans révolte !) le fruit de 15 heures de labeur quotidien, de la liste non exhaustive des taches et travaux inutiles à ceux que l’auteur glorifie comme salutaires au bien commun, nombre de sujets sont abordés dans ce recueil.
Ce qui est le plus intéressant selon moi, c’est de comparer et d’examiner les similitudes de la société du début du 20eme siècle à celle d’aujourd’hui.
Le Culte de la Charogne, non content d’informer le lecteur sur un courant de pensée relativement méconnu (en dehors des traditionnels clichés…), entraine le lecteur dans une réflexion générale sur l’évolution de la société et de ses mœurs.
Voulons nous vraiment d’une société telle que celle-ci (et c’est particulièrement vrai en cette période de troubles sociaux) ? Souhaitons-nous réellement changer les choses ? A commencer par les fondements d’une organisation dans laquelle les faibles sont de plus en plus exploités et abusés ? Et les riches de plus en plus puissants ? Jusqu’ou chacun d’entre nous est il près à aller pour prendre, fut-ce par la force, le chemin de la liberté ?
Un extrait :
Tu te plains de la police, de l’armée, de la justice, des casernes, des prisons, des administrations, des lois, des ministres, du gouvernement, des financiers, des spéculateurs, des fonctionnaires, des patrons, des prêtres, des proprios, des salaires, des chômages, du parlement, des impôts, des gabelous, des rentiers, de la cherté des vivres, des fermages et des loyers, des longues journées d’atelier et d’usine, de la maigre pitance, des privations sans nombre et de la masse infinie des iniquités sociales.
Tu te plains ; mais tu veux le maintien du système où tu végètes. Tu te révoltes parfois, mais pour recommencer toujours. C’est toi qui produis tout, qui laboures et sèmes, qui forges et tisses, qui pétris et transformes, qui construis et fabriques, qui alimentes et fécondes !
Quelque soit votre opinion politique, ou la tendance à laquelle vous appartenez, je vous conseille de lire ce recueil, réédité chez Agone. Pour le témoignage historique d’un homme engagé au début deu siècle. Pour la force de son écriture, pour les questions épineuses qu’il soulève, pour tout simplement le talent et la passion qu’on sent sous chaque mot, chaque phrase de Libertad.
Commentaire :
J’ai vraiment beaucoup apprécié cette anthologie. Certaines questions me bouleversent. La tyrannie du suffrage universel (en ces temps sarkoziens), le pouvoir du vote, la résignation, la prostitution, la misère et les différentes formes de combat. Vraiment très intéressant.