Jeudi 24 septembre 2009
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Je suis tellement, tellement, en retard sur mes articles que j'en ai presque honte ! Depuis la dernière publication, j'ai lu 9 romans, et un commentaire sur une œuvre; autant vous dire qu'il va
m'être difficile de rattraper tout ça.
Commençons alors avec Lunar Park, de mon très cher Bret Easton Ellis.
Acheté (oui, oui, un livre NEUF!) lors d'un voyage en train Vendée-Paris, j'ai complètement accroché au dernier brillant roman de cet auteur, contemporain mais si cher à mon cœur.
A tel point qu'en refermant Lunar Park, je me suis précipitée sur : Glamorama, American Psycho, Zombies, Les Lois de l'attraction et Moins que Zéro, dans l'ordre de leur parution. J'ai donc eu la
chance de passer une semaine complète en compagnie de Bret, des différents Bateman, et des étudiants blasés de Camden. La re-lecture complète de ses œuvres publiées et la plongée dans l'imaginaire
déjanté, pervers et explosif de cet auteur m'ont ravi ! Je crois que...je l'envie de tant de talent, de cette capacité presque effrayante à tout écrire de ses pensées, même les plus morbides, meme
les plus inavouables, d'avoir le courage d'aller aussi loin dans le dévoilement de lui-même et de sa propre folie.
Car il est bien question de l'auteur, dans Lunar Park. Cette auto fiction, (genre dangereux par excellence, tant il est facile de tomber dans l'idéalisation de soi-même en tant qu'écrivain
créateur) a pour sujet Bret, l'auteur, aujourd'hui.
Résumé de Lunar Park :
Bret a écrit son premier roman, Moins que Zéro, à vingt et un ans. S'en suivent les femmes, l'argent, le sexe, la drogue, les soirées, l'alcool, les grandes marques, les hommes, les interviews et
les tournées, la Décadence Blasée, et même un enfant.
Bret habite désormais avec Jayne, actrice adulée et névrosée, dans une de ces banlieues chics et ultra-sécurisées, où le quotidien est rythmé par les séances de psy des enfants, les soirées
d'Halloween, les virées au centre commercial.
Cette situation tragi-comique de l'écrivain rangé (mais pas trop) tourne vite au cauchemar : Le fantome de son père vient le hanter, d'étranges meurtres sont commis, Bateman, le personnage
d'American Psycho fait irruption sporadiquement dans sa vie sous le nom de Clayton, sa moquette change de couleur, les murs pèlent, hantés par d'étranges et macabres souvenirs, son fils est un
zombie, pale reflet de ce qu'il était lui même à son age, blasé, indifférent, malheureux et seul; Bret se drogue, a peur, boit, et dort dans la chambre d'amis. Bret pleurniche, rencontre un étrange
enquêteur, veut sauter Aimée Light et se demande si le chien lui veut du mal. Bret voit des monstres, des griffures ensanglantées, des tombes dans son jardin. Bret sombre dans la folie. A moins que
le monde ne devienne fou et qu'il soit le seul assez lucide pour s'en rendre compte. A moins que le monde et Bret ne deviennent fous ensemble.
Comme d'habitude chez cet auteur, ça va vite, très vite. C'est déjanté, éblouissant et contrôlé. Ca me ressemble. J'adore.