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Auteurs W (Wilder, Warren...) :

Lundi 1 décembre 2008

Je sais, je sais, je suis terriblement en retard sur la publication des articles du blog ! Je dois commenter Les fous du roi de Warren, le premier homme de Camus, Risibles Amours de Kundera et Faust de Goethe. Autant d’articles qui paraitront dans les jours à venir, si j’arrive à suivre le rythme que je me suis imposé.

 

Commençons donc par les Fous du Roi de R.P.Warren :

 

Louisiane, années 30.  Jack Burden, étudiant en histoire et journaliste, fait la connaissance de Willie Stark, honnête étudiant en droit, fraichement débarqué de la campagne.  

 

Un politicien local décide de présenter le cousin Willie aux élections, afin de diviser les voix des votants et faire ainsi gagner son propre candidat. Lorsque Willie se rend compte de la supercherie dont il a été victime, il se révèle combattif et ambitieux, et des cendres de Willie Stark le dupé nait le « Patron ».

 

Le Patron, entouré de Jack Burden et d’autres collaborateurs, devient rapidement, grâce à sa verve et à sa personnalité, une des figures politiques majeures de la région. Le piteux avocat qu’il était s’est transformé en un politicien bouillonnant et machiavélique, dont les méthodes sont craintes par tous. Le Patron, sait faire taire les mécontents et susciter l’enthousiasme de la foule. A grands renforts de corruption et d’intimidations, il est bientôt un des gouverneurs les plus puissants que la région n’ai jamais connu.

 

Un roman superbe, dans la lignée des écrivains du Sud chers à mon cœur. Les milieux et les personnages y sont admirablement décrits et les émotions relatées avec une précision extrême. Les Fous du Roi vous promet une plongée vertigineuse dans les dessous de la politique américaine des 30’s ainsi que dans l’esprit brillant de Burden. Un incontournable, encore, un !

 

Ps : Petite remarque : la récente adaptation cinématographique (avec Sean Penn et Jude Law notamment) semble avoir fait un bon de 20 ans dans l’avenir. Je suis sure que dans le roman, l’action se déroule dans les années 30. Burden déconseille d’ailleurs à sa mère de se rendre en Europe, ou « le chaos régnera bientôt ». Le film se passe donc dans les années 50 et le roman dans les années 30. Je l’ai trouvé d’ailleurs en streaming sur le Net, je le regarderai ce soir, et vous dirai si ça vaut le coup !

 


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Vendredi 10 octobre 2008

Quel magnifique roman que celui de Richard Wright… Un livre exceptionnel qui réussit l’incroyable pari de mettre le lecteur dans la peau de Bigger Thomas, jeune adolescent noir, dans l’Amérique sudiste des années 40.

 

Un petit extrait de la postface de l’auteur, où il tente d’expliquer sa démarcher de création :

 

Je sentis que Bigger, produit américain, enfant de ce pays, portait en lui les potentialités du communisme et du fascisme. Il n’est ni l’un ni l’autre, mais il est le produit d’une société disloquée : c’est un être dépossédé et déshérité. Il est tout cela et il vit au milieu de la plus grande abondance terrestre qui soit possible et il cherche à tâtons une voie de salut.

Qu’il suive quelque chef hystérique qui promettra imprudemment de remplir le vide qui est en lui, ou qu’il en vienne à une entente avec ses millions de camarades de travail syndiqués ou menés à la révolution, cela dépendra de la tournure des événements en Amérique. […] La différence qu’il y a entre la tension de Bigger et celle d’un Allemand, c’est que, par la suite de l’instruction restreinte que l’Amérique impose à la population noire dans son ensemble, la tension de Bigger est à l’état naissant et inarticulée. La différence qu’il y a entre l’aspiration de Bigger à une identité personnelle et le principe russe d’auto-déterminisme , c’est que, sous l’effet de l’oppression américaine qui n’a pas permis que se forment parmi les nègres des concepts profonds de solidarité, Bigger est en état de colère et de haines individuelles. Là, me disais je, il y a du drame ! Qui sera le premier à mettre en mouvement ces Bigger Thomas d’Amérique, noirs ou blancs ?

 

L’histoire de Bigger c’est celle de tous ceux qui sont maintenus dans l’ignorance et la misère afin de mieux pouvoir les contrôler.  L’histoire de Bigger est celle de la colère et de la haine tenace qui habitent tout ceux qui ne sont pas maitres de leur destin et ne le seront jamais. Et c’est pour cela que Bigger, après avoir tué, a pour la première fois le sentiment de prendre le contrôle de sa vie. Pour la première fois, il n’a plus peur, ni des siens, ni des Blancs, ni du vide de son existence. Grace à cet acte,il maitrise enfin sa vie, et se sent responsable, puissant, presque intouchable. Le meurtre qu’il commet devient sa propriété inaltérable, événement terrible pour celui qui n’a jamais possédé. Cet assassinat, personne ne le lui retirera jamais, il est sien pour le reste de sa vie.

 

Richard Wright, avec  justesse, décrit la colère aveugle et la haine qui nait dans le cœur des dépossédés… Il nous parle d’injustice, de destin défini par les origines sociales ou la couleur de peau, de peur, de soumission, de révolte.

« Un enfant du pays », par de nombreux aspects me rappelle la situation que vivent des millions de personnes, aujourd’hui en France et ailleurs. Ce roman, plus de soixante ans plus tard, correspond si bien à notre actualité, à notre quotidien, qu’il en est effrayant.

 

Quand vous entendrez de nouveau parler de voitures qui brulent, de bibliothèques détruites, de bâtiments publics vandalisés…pensez à Bigger Thomas. Pensez à tous les Bigger Thomas, noirs et blancs, qui vivent sous notre nez. Et réfléchissez !

 

En conclusion : « Un enfant du pays » de Richard Wright n’est rien de moins qu’un livre essentiel.

 


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Vendredi 29 août 2008

Youpi ! J’ai reçu mon carton de livres aujourd’hui :D

Je commence donc par le plus court des romans reçus, pour pouvoir le lire, et écrire un article dans la journée : il s’agit donc du « Pont du roi St Louis » de Thornton Wilder.

 

Le 24 juillet 1971, le plus beau pont inca du Pérou se rompt et précipite cinq personnes dans l’abime.

 

Témoin de la scène, le frère Juniper, s’interroge sur la raison pour laquelle ce sont précisément ces cinq personnes là qui ont trouvé la mort sur ce pont. Des années durant, il parcourt le Pérou afin d’en savoir plus sur ces personnages. Il tente en fait de déterminer si la chute du pont du roi Saint Louis est bien un Acte de Dieu, et non pas le simple fait du hasard.

 

Cinq chapitres donc, dans ce petit roman de 150 pages, ou l’on découvre tour à tour les histoires personnelles des différentes victimes.

Dona Maria, vieille aristocratique excentrique est déchirée d’un amour maternel dévorant pour sa fille Dona Clara, exilée en Espagne. Estéban, enfant abandonné, qui vient de perdre son frère jumeau Manuel, et qui ne peut surmonter la solitude dans laquelle le laisse son deuil. Don Jaime, fils de la célèbre actrice « la Périchole », qui partait pour un long voyage en compagnie de l’ex-mentor de sa mère, Oncle Pio. Et enfin Pépita, orpheline issue du même couvent qu’Estéban et Manuel, et que la mère supérieure avait placée comme fille de compagnie auprès de Dona Maria.

Cinq destins, que le frère Juniper arrivent à relier, lors de ses investigations, cinq personnages, tous animés d’un amour malheureux (qui pour sa fille, qui pour son frère, qui pour sa muse etc.…), cinq vies étudiées de près par le frère Juniper, qui tente de répondre à l’épineuse question : Pourquoi Dieu choisit il de rappeler à lui certaines personnes plutôt que d’autres, et sur quels critères ?

 

Un roman agréable et plaisant, ou l’on cherche, encore une fois, à démontrer le sens des actions divines…Vaste question !


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