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Auteurs S (Sartre, Steinbeck...) :

Lundi 20 juillet 2009

Pendant ces quelques jours de repos sous le soleil relatif des Deux Sèvres, j’ai eu le temps de lire, ou plutôt de relire Œdipe Roi de Sophocle. Un petit commentaire rapide sur cette œuvre mondialement connue.

Quelle destinée tragique que celle d’Oedipe ! Je vous rafraîchis tout de même la mémoire :

Laïos, roi de Thèbes, enlève Chrysippe, fils de Tantale. En punition de cette faute impardonnable, il est condamné à ne jamais avoir d’enfant, sinon celui ci le tuerait et abattrait la malédiction sur toute sa famille. Laïos épouse Jocaste, et se lamente sur la stérilité de leur union. Mais quand celle ci accouche finalement d’un fils, Œdipe, Laïos prend peur et décide d’envoyer un de ses bergers tuer l’enfant.

Résumé d’Œdipe Roi :

 

Au moment où débute la pièce, Œdipe, après avoir délivré Thèbes de la Sphinx et de ses malédictions, s’est vu offrir par les citoyens reconnaissants la main de Jocaste, et le trône. 

La reine lui a donné 4 enfants, deux garçons (Polynice et Etéocle) et deux filles (Ismène et Antigone). Je rappelle qu’Œdipe, qui connaît la malédiction qui pèse sur lui (il doit tuer son père et partager le lit de sa mère) a fui depuis longtemps ceux qu’il croit être ses parents : Polybe et Mérope.

Devant son Palais, les citoyens de Thèbes réclament de nouveau l’aide de leur roi bien-aimé, afin de combattre la peste qui sévit sur la ville. Œdipe, touché, décide de consulter l’oracle de Delphes pour savoir comment sauver Thèbes. L’oracle lui révèle que la Peste qui dévaste la cité est due à la présence du meurtrier de Laïos en ses murs.

Œdipe appelle tout citoyen détenant des informations sur l’assassinat de Laïos à se présenter devant lui. Il condamne publiquement le meurtrier, interdit à quiconque de lui adresser la parole ou de l’aider, et exige qu’il soit puni à la hauteur du crime qu’il a commis.

Tirésias, le devin aveugle, entre en scène. Tout d’abord il refuse de dévoiler le nom du meurtrier. Œdipe le soupçonne de vouloir protéger l’assassin et exige qu’il parle. Tirésias dévoile alors la vérité et les circonstances de la mort de Laïos.

Œdipe est troublé par les révélations du vieillard, mais ne peut y croire. En réaction, il accuse alors Créon, fils de Laïos et de Jocaste, de chercher à lui nuire.

Approche alors un messager venu de Corinthe : il annonce à Œdipe la mort de Polybe, son père et sa prochaine accession au trône. Œdipe est bouleversé …Ne lui avait on pas prédit qu’il tuerait son père ? Le messager confirme alors à Œdipe qu’il n’est pas le fils de Polybe : il a lui même remis Œdipe enfant à Polybe et Mérope, après l’avoir reçu d’un vieux berger.

Le vieux berger, seul survivant de l’escorte de Laïos,  est convoqué devant le roi, et explique que Laïos lui a remis un enfant, en lui donnant l’ordre de le supprimer, craignant la malédiction. Le berger, ému, a préféré remettre l’enfant à un Corinthien.

Toute la lumière est désormais faite : Jocaste, prise d’horreur, se pend dans ses appartements. Lorsqu’il la découvre, Œdipe comprend alors sa situation : Meurtrier de son père, époux de sa mère, a la fois père et frère de ses enfants, il se crève les yeux pour échapper à la vision de son funeste destin. Il quitte la ville, tel un mendiant, et se rend à Colonne.

A lire et à relire, tant pour l’indicible beauté des mots, que pour la dimension psychologique de cette œuvre. Œdipe expie la faute de son père Laïos, qui a voulu défier les dieux. Ses enfants, Ismène, Antigone, Polynice et Etéocle, porteront eux aussi ce terrible fardeau.


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Lundi 28 avril 2008

Encore un ! Et un roman de Steinbeck dont je n'avais encore jamais entendu parlé...

Résumé de Au Dieu Inconnu : 

Joseph, le cadet de la famille Wayne, décide, avec la bénédiction de son père, de partir à l'Ouest exploiter sa propre terre. Il s'y installe, découvre "la large prairie verdoyante, au centre de laquelle se dresse un groupe de chênes, comme un îlot vert sur un lac tendre.Il contempla la vallée, et sentit l'amour de la terre monter en lui comme un fluide chaud : Ceci est à moi, dit-il simplement".
A la mort de son père,quelques temps plus tard, les frères de Joseph : Thomas, Burton et Benjy, décident de le rejoindre et d'exploiter ensemble la ferme. Ils vivront désormais ensemble, guidé par Joseph et son amour presque païen pour la terre et la nature.

Ce roman nous raconte Joesph : "un homme qui n'est pas un homme, ou alors il est tous les hommes. La force, la résistance, le long, le pénible acheminement de la pensée de tous les hommes et toute leur joie et toute leur souffrance, alternant, s'effaçant l'une l'autre, et pourtant toujours présentes. Joseph est tout cela : un reposoir pour un peu de chaque âme humaine et plus encore un symbole de l'âme de la terre."

Véritable hymne à la Nature, ce roman est une ode à la symbiose de l'Homme et de la Terre.


Extrait d'Au Dieu Inconnu, la lettre que Joseph reçoit de Burton, son frère très pieu, à la mort de leur père :

" Père a été rappelé à Dieu il y a trois jours. Nous sommes tous restés près de lui, dans se derniers moments. Tous sauf toi. Tu aurais dû attendre.
A la fin, il n'avait plus tous ses esprits. Il a dit des choses très étranges. Il parlait e toi, mais surtout il s'adressait à toi. Il disait qu'il aurait pu vivre aussi longtemps qu'il l'aurait voulu, mais qu'il désirait voir ta nouvelle terre. Il était obsédé par cette nouvelle terre. Il disait :"Je ne sais pas si Joseph aura pu choisir une bonne terre. Je me demande s'il sait faire ces choses-là. Il faut que j'aille voir."
Et puis il a beaucoup parlé de planer en l'air au dessus du pays et il croyait qu'il le faisait. Finalement, il a paru s'endormir. Papa délirait. Je devrais taire ses paroles et ne jamais les répéter, parce qu'il n'était plus lui-même. Il parlait de l'accouplement des animaux, il disait que toute la terre était un....Non, je ne vois aucune raison de le répéter. Cela m'a troublé que ces dernières paroles n'aient pas été des paroles chrétiennes. Je ne l'ai pas dit aux autres, parce que ses derniers mots ont été pour toi, comme si tu avais été là."


Note : 9/10
Absolument magnifique.

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Mardi 22 avril 2008

Encore un Steinbeck...Bientôt j'aurai dévoré l'intégralité de son oeuvre, et, la tête pleine, je pourrais passer à an autre auteur hé hé. Avec regret je dois dire, car John Steinbeck est un écrivain fantastique : De la légèreté de Tendre Jeudi à l'engagement politique d' En un combat douteux, en passant par la tragédie bibliquo-familiale dans A l'Est d'Eden , il sait absolument tout faire !!

Aujourd'hui (enfin il y a quelques jours, lors d'un trajet interminable en RER) j'ai eu la chance de pouvoir relire La Perle, petit roman de Steinbeck, étudié en classe de lettres au lycée.
A l'époque déjà, j'avais beaucoup aimé l'histoire de Kino, Juana et Coyotito. Ce fut un vrai plaisir de le relire quelques années plus tard.


Résumé de La Perle :

C'est l'histoire de Kino, sa femme Juana et leur bébé Coyotito, une famille d'origine indienne, qui vivent dans une cabane de pécheurs, sur la plage. Lorsque leur bébé se fait piquer par un scorpion, leur bonheur vole en éclats. Kino et Juana se rendent chez le médecin, à la ville, mais celui-ci refuse de soigner les indigents, et les renvoie chez eux, promettant ainsi Coyotito à une mort certaine.

C'est l'histoire de Kino,accablé par le sort et l'injustice qui frappe sa famille,qui pecha en mer la Perle du Monde, une énorme perle d'huître, à la beauté jamais égalée. Kino et Juana se rendent donc immédiatement chez les acheteurs, afin de vendre cette perle, sauver leur fils et changer de vie. Kino rêve pour son enfant de savoir, d'école et de lectures, il rêve aussi d"un fusil, et d'une vie meilleure grace à l'argent de la Perle.
Or les acheteurs sont tous employés par le même homme, et s'arrangent entre eux pour proposer a Kino un prix dérisoire, espérant qu'il se laisse berner. Kino est un homme; il refusera d'abandonner son rêve et de se laisser encore une fois spolier par ceux de la ville.

C'est l'histoire de Kino, mais c'est aussi l'histoire d'un peuple oipprimé et spolié depuis des siècles, l'histoire de la jalousie, de l'avidité, de l'amour, de la famille et de l'ambition.

C'est une très belle histoire. A lire.

"Jouant de sa lame comme d'un levier, il le fit céder et le coquillage s'ouvrit. Les lèvres de chair se crispèrent puis se détendirent. Kino souleva le repli et la perle était là, la grosse perle, parfaite comme une lune. Elle accrochait la lumière, la purifiait et la renvoyait dans une incandescence argentée. Elle était aussi grosse qu'un oeuf de mouette. C'était la plus grosse perle du monde".

Note : 9.5/10

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Lundi 7 avril 2008

En un combat douteux de Steinbeck : un livre passionnant, où l'on retrouve avec plaisir l'écriture fluide et facile d'accès de Steinbeck.

Résumé :

États Unis,1936. Jim sort de prison, où il est resté trente jours pour vagabondage : lors d'une promenade dans un parc, il a entendu un homme discourir sur une estrade et s'est hissé sur une statue pour mieux l'entendre. L'homme qui parlait était communiste..Avant d'avoir pu entendre le moindre mot, Jim se faisait molester par un policier, et jeter en prison. C'est là qu'il rencontrera des hommes du parti :

" Ils m'ont parlé. Toute ma vie a été gâchée. Eux, c'est tout différent : ils travaillent pour quelque chose. Je veux travailler pour quelque chose. Alors j'ai pensé que je pourrais vivre, moi aussi."

"Dans cette cellule nous étions six hommes qui avaient été élevés dans les mêmes conditions. Eh bien ! la colère des autres n'étaient pas pareille à la mienne. Ils ne détestaient pas le patron, ou le boucher : ils détestaient le système patronal, et c'était une colère bien différente. Il y avait autre chose, Mac: ils ne connaissaient pas le désespoir. Ils se tenaient tranquilles, ils acceptaient ; mais chacun d'entre eux, dans son esprit, était convaincu qu'un jour ou l'autre ils l'emporteraient sur ce système qu'ils détestaient. Une sorte de paix régnait sur ces hommes."

A sa sortie, Jim devient membre du parti. Il est présenté à Mac, partisan aguerri, et part avec lui fomenter une grève dans la vallée de Torgas : les patrons ont annoncé une baisse de salaire. Les ouvriers agricoles itinérants qui viennent d'arriver dans la région avec leurs familles, sont sans le sou et obligés d'accepter les conditions imposées par les patrons pour se nourrir. La colère monte, le terrain semble idéal pour Mac et Jim.

Mac et Jim vont organiser cette grève, exhorter la foule, monter un camp répondant aux normes d'hygiène, faire élire un chef, trouver des sympathisants et des vivres et tenter de faire craquer l'association des propriétaires agricoles...

Un livre vraiment intéressant où l'on comprend que ce n'est pas gagner CETTE grève qui est important, mais bien d'apprendre aux hommes à se réunir, à s'organiser, à lutter par eux mêmes et pour eux-mêmes.

" Assis sans rien faire, j'ai senti le pouvoir qui était en moi. Je suis plus fort que toi, Mac. Je suis plus fort que n'importe quoi au monde, parce que je vais tout droit. Toi et les autres, vous pensez aux femmes, au tabac, à l'alcool, à la faim, et à la soif..."

Note : 9/10

Mon P'tit Plus : A lire, à lire absolument...pour comprendre que ce n'est pas d'aujourd'hui que les "patrons jettent les récoltes à la rivière pour garder les prix élevés"...et toutes les conséquences de ces actes.
Mon P'tit moins : encore une fois aucun ! en grande admiratrice de l'auteur, je vais d'émerveillement en émerveillement en découvrant l'ensemble de l'oeuvre de Steinbeck.

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Lundi 17 mars 2008
Ca m'a plu ! 

"Le Mur" de Jean Paul SARTRE est un recueil de cinq nouvelles, rédigées à des moments différents de la vie de undefined l'auteur et publié en 1939. Sartre n'écrira plus d'autres nouvelles après celles-ci.

Le Mur,
résumé : Un jeune républicain espagnol est  arrêté et condamné à mort par les franquistes. Cette nouvelle nous conte ses dernières heures, dans une cellule en compagnie de deux autres prisonniers. De la stupeur à la résignation, le lecteur partage ses dernières impressions. "Dans l'état où j'étais, si l'on était venu m'annoncer que je pouvais rentrer tranquillement chez moi, qu'on me laissait la vie sauve, ça m'aurait laissé froid : quelques heures ou quelques années d'attente, c'est tout pareil, quand on a perdu l'illusion d'être eternel".

La Chambre,
résumé : les parents d'Eve sont très inquiets : leur fille refuse catégoriquement de placer son mari Pierre, atteint de démence, en maison de repos adaptée. Pierre passe son temps cloitré dans la chambre, à divaguer, à craindre le retour des statues volantes et à raconter à Eve, qu'il appelle Agathe, des souvenirs qu'ils n'ont jamais vécus. Plutôt que de sortir Pierre de la folie, Eve préférerait y entrer à son tour. Une nouvelle sur la folie et sur l'amour, qui n'a qu'une seule limite : l'ultime déchéance de l'être aimé. "Un an, un hiver, un printemps, un été, le début d'un autre automne. Un jour, ces traits se brouilleraient, il laisserait pendre sa mâchoire, il ouvrirait à demi des yeux larmoyants. Eve se pencha sur la main de Pierre et y posa les lèvres : "Je te tuerai avant".

Erostrate, résumé : Une nouvelle sur la démence (de nouveau), le dégout de la sexualité et la haine de l'humanité. Le lecteur suit, de l'intérieur, les pérégrinations du "héros", profondément antihumaniste jusqu'à son passage à l'acte : " J'aime si peu [les hommes] que je vais tout à l'heure en tuer une demi-douzaine; peut être vous demanderez vous : pourquoi seulement une demi-douzaine ? Parce que mon revolver n'a que six cartouches." 

Intimité
, résumé : Deux femmes, deux monologues intérieurs : Lucienne Crispin, dit Lulu, jeune femme vive et  charmante, vient de quitter Henri, son mari, qui est impuissant. Elle projette de partir à Nice avec Pierre, son amant, que lui a présenté son amie Rirette. Des sentiments de Rirette aux émotions de Lulu, le lecteur découvre deux femmes et leurs opinions sur l'autre, sur elles-mêmes, sur le sexe et la vie de couple. "Mon Dieu, dire que la vie c'est ça, c'est pour ça qu'on s'habille et qu'on se lave, et qu'on se fait belle, et tous les romans sont écrits sur ça et on y pense tout le temps, et finalement voilà ce que c'est, on s'en va dans une chambre avec un type qui vous étouffe à moitié et qui vous mouille le ventre pour finir."

L'enfance d'un chef
, résumé : Lucien Fleurier, son enfance, ses névroses, son avenir tout tracé de patron de l'usine familiale, sa rencontre avec le surréalisme, ses questions existentielles et les réponses qu'il y apporte. Qui est il ? Quelle est sa place dans ce monde ? Existe-t-il seulement ? Notre héros construira finalement en entrant dans l'Action Française, parti d'extrême droite, le "vrai Lucien" : "Lucien, [...] se sentit plein de respect pour lui même. Mais cette fois ci, il n'avait plus besoin des yeux de Guigard : c'était à ses propres yeux qu'il paraissait respectable-à ses yeux qui perçaient enfin son enveloppe de chair, de gouts et de dégouts, d'habitudes et d'humeurs."

Note : 8.5/10
Mon P'tit Plus : cinq nouvelles, toutes différentes mais qui se répondent : sur les thèmes de l'actualité ( Franco et la montée de l'extrême droite en France ouvrent et clôturent le recueil), sur l'amour, la folie, le sexe et la connaissance de soi-même. Passionnant.
Mon P'tit moins : y en a pas !!

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Lundi 10 mars 2008
Terminé ce week end...

Publié en  1954, Tendre Jeudi est la suite de Rue de la Sardine, écrit en 1945. On y retrouve les personnages simples mais hauts en couleurs du précédent roman. A  lire ! un roman frais et touchant,drole et émouvant, un beau moment en perspective.

Un p'tit résumé : 

undefined Dans la Rue de la Sardine, à Monterey, si l'usine de sardines s'est arrétée, les habitants, eux, continuent d'exister.

Suzy débarque d'on ne sait d'où à Monterey. Elle est engagée à "l'Ours", le bordel tenu par Fauna, bien que, du propre aveu de celle ci, elle n'a "pas ce qu'il faut". Suzy est jolie mais paumée, jure comme un charretier et souffre d'un sérieux complexe d'infériorité.
Doc, autrefois infirmier, héros, psychologue et confident des habitants, véritable pilier de la Rue de la Sardine, est désormais "bizarre". Il passe ses journées devant son aquarium, et cherche à établir un paralelle entre la vie des pieuvres qu'il renferme, et celle des humains. Il faut qu'il trouve, et qu'il écrive cet article qui donnera un sens à a sa vie. Sans succes...
Ses amis, à leur facon maladroite et simple, vont tenter de réunir Suzy et Doc. 

Note : 8.5/10 

Mon Ptit Plus : Marie Joseph, l'épicier mexicain, Hazel simple d'esprit prédestiné par les astres à la présidence des Etats Unis, les prostituées reines du maintien de Fauna, Joe Elegant, le prophete...Tous les personnages sont vraiment attachants !! 
Mon Ptit moins : nada, j'ai adoré !!




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Jeudi 21 février 2008
Livres_alestdeden.jpg
Terminé mi-février...Dévoré en quelques jours, je crois que s'il avait été étanche, j'aurai même emmené le roman dans la douche ! 

« Sous sa carapace de lâcheté, l'homme aspire à la bonté et veut être aimé. S'il prend le chemin du vice, c'est qu'il a cru prendre un raccourci qui le mènerait à l'amour. »
Steinbeck.

Une fresque "familiale" du début du 20eme siècle, toujours dans la région de Salinas, la ville natale de Steinbeck. 

A l'Est, Samuel Hamilton, sa femme dévote et ses sept enfants, vivent dans la pauvreté. Accrochés à leur terre, pourtant sèche et infertile, la philosophie de Samuel et son amour des êtres humains et de la vie permettra à sa famille de connaitre le bonheur dans l'unité.

Charles Trask, violent, taciturne, s'occupe de la ferme familiale à l'Ouest tandis que son frère, Adam Trask, de retour d'une guerre à laquelle il ne voulait pas participer, rencontre une jeune femme, battue à mort ou presque, sur le perron de leur maison. 

Adam tombe éperdument amoureux de la jeune Cathy, a la grande colère de Charles. Il quitte la ferme, et part s'installer à l'Est, avec l'argent (volé?) que lui a légué son père. 

Cathy est un personnage monstrueux et cruel : elle ne veut pas d'Adam, elle ne veut pas se rendre en Californie. Et ce que Cathy désire, peut importe le temps que cela lui prend, elle l'obtient toujours, et par tous les moyens. Elle tirera sur Adam et abandonnera leurs jumeaux, Caleb et Aaron, sera engagée dans une maison close et .... S’appliquera à continuer d'incarner le Mal Absolu. Adam, abandonné, désespéré, ne reviendra à la vie qu'avec l'aide de Samuel, l'inventeur philosophe et de Lee, son serviteur érudit. 

Caleb et Aaron, tout comme auparavant Adam et Charles, auront des relations compliquées et passionnelles, entre eux, avec leur père, avec leur mère dont ils chercheront à déchiffrer l'existence, les choix et les ambitions.

Des personnages aux destins simples et à la psychologie hors du commun, Steinbeck nous emmène en voyage à l'intérieur même de ces personnages, nous fait effleurer leurs émotions, nous fait partager leurs angoisses et leurs conflits intérieurs. Magnifique, inégalable et inoubliable. 

Note : 9.5/10
Mon P’tit Plus : Les références bibliques, le personnage de Lee, la cruauté de Kate et l'ambivalence de Caleb.
Mon P’tit Moins : Trop court, trop court, trop court... Je voudrais qu'il n'ait pas de fin.

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