Aussitôt reçus, aussitôt lus ! Qui ? Les deux romans envoyés ce mois-ci par Le Livre de Poche, à savoir « La Femme de l'allemand » de Marie Sizun, et Passeport à l'Iranienne de Nahal Tajadod.
Commençons par La Femme de l'Allemand, deuxième roman de l'auteur, et lauréat du prix ELLE 2009.
Résumé de la Femme de l'Allemand, de Marie SIZUN :
Paris, après-guerre. Marion vit seule avec sa mère Fanny, dans un petit deux pièces de la rue Saint Jacques.
Sensations de bonheur : la couleur du thé chaud à la table du petit déjeuner, l'air des chansons que sa mère fredonne, l'odeur de l'école... A ce moment là, alors qu'elle n'a que cinq ou six ans, Marion.
Elle ne possède qu'un seul vrai mauvais souvenir : Le visage de sa mère, transformé, méconnaissable, un rictus fou sur ces lèvres adorées, un cri lugubre dans la fraicheur du soir. Elle avait deux ans à l'époque. Depuis ? Ça va, merci.
Ça va, et les deux femmes, et la mère, et la fille, très liées, vivent sur leur petite île, dans l'ombre de l'Allemand.
Bien sur, sans la façon effrayante qu'a Fanny de traverser les routes parisiennes, regardant droit devant elle, laissant le flot des voitures s'ouvrir devant elle, comme la Mer Rouge devant Moise, la petite serait plus rassurée.
Mais cette mère reste unique, puissante et superbe dans sa différence même, un refuge dans la tempête, un éclair dans la nuit noire, et Marion l'Aime.
Et le père ? Et cet Allemand au sujet duquel Fanny laisse parfois échapper quelques mots ? Et cet homme dont Fanny semble avoir décidé de rester éternellement la femme ? Mort, depuis longtemps. Mais pas absent.
Fruit scandaleux d'une aventure entre Fanny et l'Allemand, pendant l'occupation, Marion ne cesse d'entretenir avec l'image de ce père, avec l'idée même de l'existence révolue de ce père, une relation puissante, centrale dans sa vie de petite fille.
La folie, celle qui rend Fanny différente des autres mamans, attendait juste derrière la porte de l'appartement-île de Marion.
Elle attendait, là, la Folie, à l'affut, ne laissant transparaitre que de maigres indices de sa présence, pour enfin surgir, prête à tout détruire, à tout briser, à anéantir jusqu'à la plus petite trace d'amour, dans un fracas apocalyptique.
Commentaire :
Sans tomber dans l'éloge sans réserve qui est le traitement que semblent réserver mes camarades blogueuses à « la femme de l'allemand », j'ai passé un bon moment avec ce roman.
A vrai dire, j'ai adoré l'histoire. Le fond, les personnages, le décor... Bravo.
En revanche, j'ai été fort gênée par le style. Roman écrit à la deuxième personne du singulier, ce « tu » permanent, loin de me rapprocher du personnage de Marion, comme cela était probablement l'effet escompté, m'a vraiment déplu. Et lassé. Dommage.
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
l'auteur et publié en 1939. Sartre n'écrira plus d'autres nouvelles après celles-ci.
Dans la Rue de la Sardine, à Monterey, si l'usine de sardines s'est
arrétée, les habitants, eux, continuent d'exister.