Lundi 14 avril
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11:20
Le Charme noir...premier roman de Queffelec, juste avant les Noces Barbares qui lui vaudront prix Goncourt et célébrité.
Drôle de roman que ce Charme Noir, drôle de personnage ce Marc Frocin, drôle d'expériences et drôle de vie...
Résumé :
Marc Frocin, inapte à la vie depuis ses débuts. Son enfance s'agite autour de la pharmacie paternelle, dans l'absence de cette mère enfuie avec un vigneron de la région et auprès de ses frères Tim et Marcel,de son oncle Adolphe et de sa terrifiante grand-mère.
Marginal,menteur,débauché et cynique, il rejoindra les appelés d'Algérie sur un coup de fureur...Le début du roman plonge le lecteur dans l'abjection et l'absurdité de la guerre et de ceux qui la font. Loin des gros titres des journaux français, Marc va connaître l'Algérie dont on ne parle jamais. Celle de la cruauté, de la haine et du vice, mais aussi du désoeuvrement, de la peur et de la démence.
Difficile de parler de ce roman, dont le personnage mêle si habilement mensonges et vérités : le lecteur, comme les personnes qui gravitent dans l'entourage de Marc, ne savent plus a quel saint se vouer. Personnalité destructrice voir cannibale, Marc nous assène tout de même quelques vérités, de celles qui blessent et qui donnent le tournis :
Quelque chose comme :
lorsque Sylvia, la compagne de Marc, s'interroge sur le déclin de leur vie sexuelle :
" Eut-elle pu jurer qu'elle n'avait pas favorisé l'irruption dans leur vie de ces négligences répétées qui font de l'autre une routine ou un étranger : le laisser-aller progressif de la voix, de l'hygiène et du geste, l'humeur qui s'aigrit, l'amour bâclé rapprochant sans les unir deux élans solitaires ?"
Un autre extrait, les pensées alambiquées de Marc :
"J'aimais bien les piqûres. Leur pincement suraigu mais bref n'appartenait pas à la douleur. Je dégustais cet instant où l'aiguille engendrait sur ma peau l'éclair d'une sensation que je pouvais rester des heures à décortiquer après."
Lorsque Marc, jeté en prison pour avoir bravé son chef en Algérie :
"La lucarne était ménagée dans la porte même. Elle étalait autour de moi les rudiments d'un jour électrique, et je déchiffrais sur les parois, gravés dans le ciment, maints blasphèmes aux dépens de l'armée : l'écriture une fois de plus suppléait l'action."
Note : 8/10. Une écriture violente, crue et animale comme je les aime.
Mon P'tit Plus : Le voyage final dans la conscience de Sylvia, la bouillie qu'elle fabrique littéralement avec son amour et ses souvenirs. :"Elle cueillit du bout de la mouvette une parcelle et goûta.C'était répugnant, délicieusement répugnant. Elle avala, ecoeurée, mais satisfaite : Elle avait affecté d'une saveur l'infamie."
Mon P'tit moins : RAS
Drôle de roman que ce Charme Noir, drôle de personnage ce Marc Frocin, drôle d'expériences et drôle de vie...
Résumé :
Marc Frocin, inapte à la vie depuis ses débuts. Son enfance s'agite autour de la pharmacie paternelle, dans l'absence de cette mère enfuie avec un vigneron de la région et auprès de ses frères Tim et Marcel,de son oncle Adolphe et de sa terrifiante grand-mère.
Marginal,menteur,débauché et cynique, il rejoindra les appelés d'Algérie sur un coup de fureur...Le début du roman plonge le lecteur dans l'abjection et l'absurdité de la guerre et de ceux qui la font. Loin des gros titres des journaux français, Marc va connaître l'Algérie dont on ne parle jamais. Celle de la cruauté, de la haine et du vice, mais aussi du désoeuvrement, de la peur et de la démence.
Difficile de parler de ce roman, dont le personnage mêle si habilement mensonges et vérités : le lecteur, comme les personnes qui gravitent dans l'entourage de Marc, ne savent plus a quel saint se vouer. Personnalité destructrice voir cannibale, Marc nous assène tout de même quelques vérités, de celles qui blessent et qui donnent le tournis :
Quelque chose comme :
lorsque Sylvia, la compagne de Marc, s'interroge sur le déclin de leur vie sexuelle :
" Eut-elle pu jurer qu'elle n'avait pas favorisé l'irruption dans leur vie de ces négligences répétées qui font de l'autre une routine ou un étranger : le laisser-aller progressif de la voix, de l'hygiène et du geste, l'humeur qui s'aigrit, l'amour bâclé rapprochant sans les unir deux élans solitaires ?"
Un autre extrait, les pensées alambiquées de Marc :
"J'aimais bien les piqûres. Leur pincement suraigu mais bref n'appartenait pas à la douleur. Je dégustais cet instant où l'aiguille engendrait sur ma peau l'éclair d'une sensation que je pouvais rester des heures à décortiquer après."
Lorsque Marc, jeté en prison pour avoir bravé son chef en Algérie :
"La lucarne était ménagée dans la porte même. Elle étalait autour de moi les rudiments d'un jour électrique, et je déchiffrais sur les parois, gravés dans le ciment, maints blasphèmes aux dépens de l'armée : l'écriture une fois de plus suppléait l'action."
Note : 8/10. Une écriture violente, crue et animale comme je les aime.
Mon P'tit Plus : Le voyage final dans la conscience de Sylvia, la bouillie qu'elle fabrique littéralement avec son amour et ses souvenirs. :"Elle cueillit du bout de la mouvette une parcelle et goûta.C'était répugnant, délicieusement répugnant. Elle avala, ecoeurée, mais satisfaite : Elle avait affecté d'une saveur l'infamie."
Mon P'tit moins : RAS