Présentation

Auteurs M (Mishima, Mérimée, Mauriac..) :

Samedi 17 octobre 2009 6 17 10 2009 12:17
Dans le cadre de l'opération proposée par Le Livre de Poche, j'ai reçu ETAT DE CHOC de Margaret Murphy. Je dois avouer ma déception lorsque j'ai lu la mention "thriller" sur la couverture, ce genre n'étant pas un de mes préférés...Et pour cause.



Résumé :

Un petit garçon de huit ans environ est retrouvé errant dans les rues en pyjama.Il semble traumatisé et refuse de parler à quiconque. Malgré la couverture médiatique dont cette affaire dispose, personne ne se présente pour venir récupérer l'enfant. Sa découverte succède à la tentative d'enlèvement d'un autre petit garçon, quelques jours auparavant.

Un couple, famille d'accueil, que le récent départ du petit Luke a fragilisé, est chargé de recueillir le petit garçon au pyjama. Celui ci semble souffrir d'étranges cauchemars mais réussit néanmoins à tisser des liens silencieux avec la femme, Jenny.

S'ensuivent une standardiste obsessionnelle et névrosée, un psychiatre beau gosse, une sombre histoire d'adultère, plusieurs meurtres, une enquête...

Commentaire :

Bof...L'auteur, au style alambiqué, semble ne pas trop savoir ou elle va. Il en résulte pour le lecteur une sensation brouillon : certaines phrases se veulent si mystérieuses que j'ai été obligée de les relire, pour être sure de n'avoir rien raté. Le thème pourtant prometteur de la fausse mémoire n'est pas bien exploité, et les situations sont trop prévisibles ou larmoyantes.
A lire éventuellement lors d'un voyage en train ou dans une salle d'attente.

- Publié dans : Auteurs M (Mishima, Mérimée, Mauriac..) :
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 23 février 2009 1 23 02 2009 11:58

Il m’est vraiment difficile d’être rigoureuse dans l’écriture et la publication des articles… Déjà une semaine que j’ai terminé « Chronique d’une mort annoncée » et « Sula », respectivement de Gabriel Garcia Marques et de ma chère Toni Morrison.

 

Commençons alors par  « Sula ». J’ai gardé un excellent souvenir de « Beloved », roman du même auteur.

 

Résumé de « Sula » de Toni Morrison :

 

Ohio, 1920.  Les blancs se sont appropriés la vallée, à l’abri des intempéries, la où la terre est grasse et fertile, et ont laissé les Noirs s’installer au Fond, sur les collines, la ou les graines semées sont emportées par le vent, ou rien ne pousse, que désespoir et désolation.

 

Au Fond, vivent Nel et Sula. Ces deux petites filles, bien que d’éducation et d’histoires très différentes vont développer une amitié très forte, un lien puissant qui ne se rompra qu’après le départ de Sula pour on ne sait où.

Plusieurs années plus tard, lorsque Sula réapparait au Fond, les deux amies sont heureuses de se retrouver. Nel et Sula, auparavant semblables et complices ont pris des chemins différents. Nel, mariée depuis quelques années a des enfants et joue son rôle d’épouse et de mère, comme n’importe quelle femme du Fond. Sula quant à elle, indépendante, audacieuse, fait vite scandale dans le village. D’une nonchalance presque diabolique, elle attire à elle les hommes mariés du village, y compris Jude, le propre époux de Nel. Celle-ci, brisée, ne peut pardonner à son amie le vide que son insouciance a crée dans sa vie : seule, abandonnée dans une misère complète, Nel prend conscience du vide de son existence, entièrement dédiée à sa famille, aujourd’hui éclatée.

Chose étrange : la présence de Sula est si menaçante pour chaque homme, chaque femme et chaque enfant du Fond, que ceux-ci se solidarisent et une harmonie se créée. Sula, en incarnant le vice et le Mal, équilibre le village et ses habitants, qui représentent soudain, tous, ensemble, le Bien.

 

Commentaire :

 

Un petit roman intéressant, qui mériterait d’être étudié plus attentivement (si j’en avais seulement le temps). L’aspect manichéen, l’angoisse transformée en énergie, la résignation sont des thèmes de Sula que j’aimerai pouvoir explorer.

A conseiller, bien que moins  étoffé que « Beloved ».

- Publié dans : Auteurs M (Mishima, Mérimée, Mauriac..) :
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 22 janvier 2009 4 22 01 2009 17:01

Après avoir passé une magnifique journée auprès de mon petit frère, à lire des histoires et jouer à la grue de chantier, je me suis aperçue que je n’avais rien à lire sur le trajet du retour. La chérie de mon papa m’a donc gentiment prêté « Une soif d’amour » d’un des auteurs que j’ai appris depuis quelques temps à aimer : Yukio Mishima.  Un moment de lecture intense.

 

Résumé d’« une soif d’amour », de Yukio Mishima :

 

Etsuko est une jeune femme japonaise qui vient de perdre son mari. Les sentiments qu’elle éprouve à l’égard de cette disparition sont confus. Jalouse à l’extrême, son mariage était, jusqu’à la maladie de son mari, pour elle une source d’inquiétude et de souffrance, persuadée comme elle l’était que son mari la haïssait et la trompait.  Etrangement, et bien qu’ayant accompagné son mari jusqu'à la fin de son agonie, jusqu’au pavillon des contagieux, Etsuko ne souhaitait pas le rétablissement de son époux. Car son rétablissement signifiait le retour à ses anciennes habitudes : il l’aurait de nouveau délaissé, raillé et méprisé. Etsuko hésite même, lorsqu’il meurt, à le suivre et ainsi faire preuve de son extrême dévouement.

Etsuko est finalement recueillie par sa belle-famille, les Sugimoto. Le beau père d’Etsuko, Yakichi, ancien industriel à la retraite, est devenu un cultivateur accompli et son amour de la terre et des valeurs paysannes le rendent extrêmement fier. Ce vieillard devient rapidement l’amant d’Etsuko, qui se laisse faire, sans plaisir ni horreur, indifférente.  La famille Sugimoto, composé des enfants de Yakichi, de leurs conjoints et enfants, vit ensemble dans une grande maison, et observe Etsuko, cette femme si différente, froide et impassible, évoluer parmi eux.

Etsuko tombe soudain follement amoureuse de Saburo, le jeune serviteur de la maisonnée. Cette femme particulière, presque inquiétante se placera au centre du drame qu’elle va elle-même créer.

 

Commentaire :

 

Contrairement à d’autres bloggeurs critiques…j’ai aimé Etsuko.

 

Cette femme dépressive et manipulatrice, semble prête à exploser à chaque instant. Le lecteur passe d’une ligne à l’autre de l’Etsuko fataliste, sinistre et  pessimiste, coincée dans l’univers clos et sans espoir qui est le sien, à l’Etsuko exaltée, et en colère, celle qui préfère les cris sauvages aux douces paroles humaines, qui défaille d’extase à la vue de la foule, du feu et du sang.

 

Je crois que le trait de caractère d’Etsuko que j’aime le plus c’est qu’elle fait partie de ces êtres qui ont une capacité à souffrir absolument extraordinaire. Anéantie et ravagée, elle est debout, elle est la, à éprouver sa souffrance, à s’en repaître, elle la ressent dans la moindre parcelle de son être et c’est bouleversant. Etsuko n’est pas aimable, rien en elle n’attire l’amour ou la compassion. Elle est étrange, et elle souffre, les autres lui infligent mille peines et elle se mutile, elle-même, se flagelle en pensées.

J’ai eu l’impression que jamais la douleur ne saurait la terrasser, que tout ce qu’elle endure (et surtout ce qu’elle se fait endurer à elle-même) ne fait que la rendre plus forte, plus solide, plus ancrée dans le sol et la vie. Indestructible en somme.

 

Les thèmes de la perversité, de la dualité et de la douleur sont souvent abordés dans les œuvres de Mishima. Décrits avec tant de précision et de distance, cela donne « Une soif d’amour ». Un roman beau et répugnant comme un affectueux…serpent.

 

Ps : Mon amoureux me l’a emprunté ce matin, j’espère que cela va lui plaire !

- Publié dans : Auteurs M (Mishima, Mérimée, Mauriac..) :
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 11 décembre 2008 4 11 12 2008 16:56

Mon amie Karine prend des cours de théâtre depuis septembre, et c’est une joie tous les mercredis, de l’entendre me raconter ses aventures de comédienne en herbe.  La semaine dernière, elle devait choisir une tirade de la pièce de Wajdi Mouawad « Forêts » et la déclamer devant son groupe. Elle me l’a auparavant récitée, et je l’ai trouvée absolument magnifique, bien que quelque peu obscure, puisque je ne connaissais pas l’histoire.

 

Karine me prête donc hier cette pièce, « Forêts » afin que je puisse éclaircir le mystère qui se cache sous la tirade. Je l’ai lue en quelques heures seulement, et j’en reste bouleversée. Voici en effet un exemple typique d’auteur moderne qui sait émouvoir mon cœur, grâce à l’emploi de mots magiques, d’une poésie déconcertante, qui conte une histoire magnifique.

 

Merci Karine !

 

« Forêts » de Wajdi Mouawad :

 

Loup a 16 ans, et sa mère Aimée vient de mourir. Lorsqu’elle était enceinte de sa fille, Aimée a découvert que, niché au fond de son crane, elle portait un morceau d’os de son jumeau, qu’elle aurait en quelque sorte dévoré lors de son développement. Autour de ce jumeau est née une tumeur. Aimée fait le choix de ne pas se soigner, afin de pouvoir mener à terme sa grossesse, et donner naissance à Loup.

Aimée a été abandonnée à la naissance, par Luce, sa mère, qui, pour tromper l’attente trop longue et douloureuse s’est noyée dans l’alcool, le sexe et les prières. Depuis qu’elle est en âge d’observer le grand fleuve, Luce attend le retour de sa propre mère, Ludivine, qui a promis de venir la chercher.  Ludivine a disparu, en France, en 1944, le crâne fracassé par un marteau.

Sa mère Léonie, élevée et enfermée dans un zoo, paradis perdu empoisonné au milieu d’une forêt des Ardennes veut briser le cercle qui la retient ici, et abandonne Ludivine en souhaitant pour elle une vie meilleure. La mère de Léonie, Hélène, a attendu toute sa vie le retour de son demi frère Edmond, qui jamais ne reviendra dans l’Eden contre-nature crée par leur père Albert. Toute sa vie, Léonie tuera un à un les animaux du zoo, et jettera les carcasses à sa mère Hélène, retenue dans la fosse des ours par le monstre difforme auquel elle a un jour donné naissance, frère jumeau de Léonie.

Et Loup dans tout ça ? Et Douglas, le « pantalogue » qui vient à sa rencontre, la bouche pleine de questions, le crâne de Ludivine à la main ? Comment deviner qui est Loup dans un tel embrouillamini de noms et de destins funestes ? Comment pourra-t-elle comprendre, pardonner, se définir et vivre enfin, sans le poids terrible des sacrifices et des erreurs effectuées des générations avant sa naissance ? Comment savoir qui sont Aimée, Luce, Ludivine,  Léonie,  Helene, Odette ? Combien de femmes ont vécu et vivent en Loup ? Vies sauvées, vies données, vies perdues…et Loup doit trouver son chemin.    

 

Commentaire de « Forêts » :

 

J’espère que le résumé ne vous aura pas paru trop indigeste, malgré la multitude de noms, de situations et de périodes qu’il contient. Car « Forêts » n’est pas une pièce de théâtre indigeste, loin le là. C’est un des plus beaux textes qu’il m’est advenu d’avoir entre les mains.

Un écrit sur le sacrifice, sur l’amour, sur la folie et l’hérédité. Un livre qui nous emmène aussi loin à l’intérieur de nous-mêmes qu’à la découverte de personnages à l’histoire et aux caractères hors du commun. Tant de destins racontés, enveloppés dans un sirop de mots, à la fois doux et amer, tant il est question de beauté comme d’horreur, étroitement enlacés.

Monsieur Wajdi Mouawad, merci. Merci infiniment.

- Publié dans : Auteurs M (Mishima, Mérimée, Mauriac..) :
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 10 juin 2008 2 10 06 2008 15:02

Bonjour à tous,

Désolée pour cette si longue absence sur le blog mais j'ai été très bousculée ces derniers temps : fin du CDD, déménagement, emménagement, inscription assedic etc...Quelle galère ! Plus le temps de lire et encore moins celui d'écrire des articles. La situation étant plus calme désormais, je peux me remettre au blog plus sérieusement !

Commençons par un pavé d'un auteur anglais, Kate Mosse, qui a écrit un best seller dont j'ignore absolument tout, intitulé "Labyrinth". Comme je suis partie récemment en Angleterre avec ma famille, et qu'il me restait quelques livres sterling, je me suis payée cet énorme livre; dont le titre est Sepulchre.

Rien de fantastique à mon sens, un bon roman moderne, un peu dans la lignée du Da Vinci Code et autres, avec juste ce qu'il faut d'amour, d'aventures et de mystère.

Résumé de Sepulchre :

1897 :  La jeune Léonie Vernier est envoyée avec son frère adoré Anatole en visite chez Isolde,  la femme de leur défunt oncle au Domaine de la Cade près de Carcassonne.  En fouinant dans l'histoire du domaine, Léonie découvre que son oncle faisait des recherches pour le moins inhabituelles, au sujet d''un mystérieux jeu de tarot supposé servir à contacter et contrôler un antique démon. Isolde, poursuivie par un amoureux éconduit devenu psychopathe, cherche à se protéger.

1997 : Meredith est une jeune américaine, qui effectue des recherches sur le célèbre compositeur Debussy. Adoptée par une tante éloignée, lorsque sa mère Jeanette est devenue folle, Meredith est également en quête d'informations sur ses origines. Ses seules pistes sont une vieille photo et  une pièce de musique ancienne.

Deux femmes, deux destins..  Un roman plein de fantômes et d'invocations, de démons et de mystère, sur fond d'amour tragique ! De quoi passer un bon moment, in english of course ..

Note : 6/10..C'est pas mal mais décidément la littérature moderne ce n'est pas mon truc : je préfere de loin les bon vieux classiques !

- Publié dans : Auteurs M (Mishima, Mérimée, Mauriac..) :
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 21 avril 2008 1 21 04 2008 11:32
Après avoir découvert le talent de Mauriac grâce au splendide "Thérèse Desqueyroux", j'ai souhaité lire un autre roman de cet auteur. C'est désormais chose faite, grâce au "Sagouin".

Résumé de "Le Sagouin" :


Ce roman raconte la misérable vie du petit Guillou, douze ans. Sale, arriéré, maladroit, Guillou est haï par sa mère et méprisé par tous.

Paule, la mère de Guillou, nièce d'un ancien maire de Bordeaux, ressasse sa colère de s'être piégée elle-même : Pour un titre de baronne qu'elle ne portera jamais (Mme La Baronne reste un titre réservé à la mère de son mari), elle a épousé Galéas de Cernes, un imbécile, un idiot, à la limite de l'arriéré mental, qui ne fait rien d'autre que d'entretenir les tombes du cimetière familial. Paule se retrouve coincée entre un mari, une belle mère et un fils qu'elle exècre, dans un coin de campagne reculé. Par désespoir et par désir de sortir de sa solitude, elle se lie avec un prêtre, ce qui lui vaudra au village une réputation diabolique.

Guillou, ce sagouin, s'est fait renvoyé de deux pensionnats, parce qu'il mouillait ses draps; le prêtre prétexte un surcroît de travail et refuse de venir au château (la réputation sulfureuse de Paule n'est pas étrangère à cette décision) : Mme La Baronne décide donc de se rendre au village afin de prier l'instituteur Bordas de bien vouloir donner des cours à Guillou. A son retour, elle explique à la famille le refus de l'instituteur, ce qui met Paule très en colère. Comment ose-t-il refuser d'enseigner à un enfant du château, sous prétexte qu'il ne souhaite pas "avoir des ennuis" (en référence a l'histoire de Paule et de l'ancien curé)?

Paule se rend chez l'instituteur, qui acceptera finalement de s'occuper de Guillou, lequel se révèle beaucoup moins attardé que ne l'avait décrit sa mère. Je ne vous dévoila pas la fin, sachez seulement que ce sera Galéas, ce père dégénéré, qui prendra une décision fatale pour lui et pour son fils.

Note : 9/10

Un vrai chef d'oeuvre. 139 pages (écrit gros!) qui nous emmènent au coeur de cette famille où règnent la haine et la rancoeur et où le mal-être de la mère se cristallise sur le petit Guillou. Splendide.


Extrait :

Guillou voyait le tricot marron de son père se courber entre les tombes, se relever, il entendait grincer la roue de la brouette. Demain il serait livré à l'instituteur rouge. L'instituteur pourrait mourir subitement cette nuit. Il se passerait peut être quelque chose : un cyclone, un tremblement de terre...Mais non, rien ne ferait taire  cette voix terrible de mère, rien n'éteindrait ces yeux méchants rivés sur lui qui le rendaient conscient de sa maigreur, de ses genoux sales, de ses chaussettes retombées; alors Guillaume ravalait sa salive, et pour désarmer son ennemie, tentait de fermer la bouche...
Mais la voix exaspérée éclatait (et il croyait l'entendre encore dans ce petit cimetière ou il grelottait) : "Va-t-en où tu voudras, mais que je ne te voie plus."
- Publié dans : Auteurs M (Mishima, Mérimée, Mauriac..) :
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 10 avril 2008 4 10 04 2008 11:05

Trois nouvelles dans ce recueil : Mort à Venise, Tristan et Chemin du Cimetière.

Un style que j'ai trouvé au premier abord assez difficile, non pas tant par le vocabulaire employé que par les idées véhiculées.




Résumé de Mort à Venise :

Dans la première nouvelle de ce recueil, Thomas Mann nous raconte l'histoire de Gustav Aschenbach, écrivain reconnu et sérieux, la cinquantaine. 1911,Gustav travaille tous les matins, l'écriture selon lui exige"une attention toujours en garde, une circonspection et des soins infinis, une volonté pressante et rigoureuse".
Lors d'une promenade dans un parc de Munich, il aperçoit un homme étrange...dont la vision provoque chez lui une irrépressible envie de voyage. Il décide de partir, d'abord au bord de la mer, puis finalement à Venise.
A l'hôtel il rencontrera un adolescent issu d'une famille polonaise, dont il tombera éperdument amoureux. Ou plus précisément l'artiste Gustav tombera amoureux de la Beauté, personnifiée par le jeune garçon.

"Le garçon était d'une si parfaite beauté qu'Aschenbach en fut confondu. La pâleur, la grâce sévère de son visage encadré de boucles blondes comme le miel, le nez droit, une bouche aimable, une gravité charmante et quasi divine, tout cela faisait songer à la statuaire grecque de la grande époque, et malgré leur perfection formelle les traits avaient un charme si personnel, si unique, qu'Aschenbach ne se souvenait d'avoir vu ni dans la nature ni dans les beaux arts une si parfaite réussite."

De nombreuses références helléniques parsement Mort à Venise. Il est intéréssant également d'observer de l'intérieur ce que l'auteur considère comme un "tempérament d'artiste". Tempérament que l'on retrouvera dans la nouvelle suivante en la personne de Spinell.

La seconde nouvelle s'intitule Tristan. Résumé :

Trois personnages principaux dans cette nouvelle assez ironique, et apparemment décriée par la critique lors de sa parution en 1903.
Mr Kloterjahn, négociant allemand vulgaire et sur de lui,emmène sa femme Gabrielle dans la maison de repos Einfried, afin qu'elle soit soignée de ses problèmes  de trachée. Dans ce sanatorium, Gabrielle fera la connaissance de Spinell, un autre malade. Spinell, en admiration devant Gabrielle, réveillera en elle de vieux souvenirs, qui la jetteront dans une sorte de confusion mentale. Voici quelques unes des paroles de Spinell, sa réaction à un souvenir d'enfance que Gabrielle lui raconte, lorsqu'elle rejoignait ses amies pour bavarder autour de la fontaine du jardin familial:

[...] Dieu que c'est beau ! Le fait qu'il y avait à part vous six autres jeunes filles, que vous n'étiez pas de leur nombre, que vous vous en détachiez comme une reine, pour ainsi dire...Vous vous distinguiez de vos six amies. Une petite couronne dorée, d'apparence toute modeste, mais pleine de signification, reposait sur votre chevelure étincelante..."

Enfin, la dernière nouvelle du recueil s'intitule Le chemin du cimetière. Une nouvelle brute, courte, et dont le ton est très différent des deux précédentes.
Miné par la vie, le personnage principal de cette nouvelle est tombé dans la déchéance après la perte de sa femme et de ses trois enfants. Il perd son travail et sombre dans l'alcool. Sur le chemin du cimetière, il croise un jeune homme à vélo et s'en prend à lui. Le jeune homme est "la vie triomphante face au marginal solitaire".
Je n'en dirais pas plus, c'est une étrange nouvelle, qui nous apprend que "le malheur détruit la dignité de l'homme".

Note : 7.5/10

Mon P'tit Plus : l'Artiste ! Thème principal de deux des trois nouvelles, on en apprend beaucoup sur l'essence et la vie spirituelle de l'Artiste avec un grand A. Spinelle en représente d'ailleurs une sorte d'antithèse.
Mon P'tit moins : Écriture pas facile à aborder, il faut s'accrocher, Thomas Mann nous explique des idées compliquées dans un langage qui ne l'est pas moins. Mais ça vaut le coup...C'est très beau.

- Publié dans : Auteurs M (Mishima, Mérimée, Mauriac..) :
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 13 mars 2008 4 13 03 2008 10:07
Prêté par Fafa (merci!!) et lu dans les transports, quatres nouvelles captivantes de Yukio MISHIMA.

Mishima, Mishima...vous avez surement déjà entendu parler de cet écrivain, qui, après la parution de Confessions d'un masque, roman présumé autobiographique qui raconte la vie d'un jeune homme qui combat ses penchants homosexuels, connut un succès international et une fin pour le moins originale. 
images-copie-7.jpg

Il écrivit de nombreux ouvrages : 18 pièces de théâtre, 20 recueils de nouvelles, au moins 40 romans, des récits de voyages et une vingtaine d'essais..En 1970, à l'âge de 45 ans, il se rendit au Ministère des Armées, prit en otage le général commandant et prononça un discours devant les troupes en faveur du retour au Japon traditionnel et de l'Empereur. Hué par les soldats, déshonoré, il se suicide en respectant le rite traditionnel seepuku, et s'éventre. 

Quatre nouvelles composent ce recueil; comme d'hab, un petit résumé : 

- Dojoji : Où l'on découvre l'histoire hors du commun d'une armoire non moins extraordinaire, contée par la belle danseuse Kiyoko.
- Les Sept Ponts : Les pérégrinations de trois geishas et d'une servante, qui doivent traverser sept ponts, la nuit de la pleine lune de septembre afin que leurs voeux les plus chers se réalisent. 
- Patriotisme : Le suicide rituel d'un couple, unis dans la mort et le respect des traditions, après une dernière nuit d'amour.
- La Perle : Quatre vieilles amies, réunies pour l'anniversaire de l'une d'entre elles : qui a donc avalé (ou volé) la perle que l'hôtesse a perdu près du gâteau ? Intrigues, accusations et déshonneur au menu.

J'ai particulièrement aimé "Patriotisme". Mishima sublime la mort, transforme la douleur en insoutenable beauté :
"La souffrance que contemplait Reiko flambait aussi fort que le soleil d'été [...]. Reiko voyait son mari accéder à un autre univers où l'être se dissout dans la douleur, est emprisonné dans la douleur et nulle main ne peut l'en approcher.[...] Elle se disait qu'elle allait connaitre la souffrance qui avait ouvert un tel gouffre entre elle et son mari, que cette souffrance deviendrait une part d'elle même, et elle ne voyait là que le bonheur de pénétrer à son tour dans un domaine que son mari avait déjà fait sien."

Note : 8.5/10 
Mon P'tit Plus : Patriotisme, pour l'esthétique. 
Mon P'tit Moins : Rien ne m'a spécialement gêné, ces nouvelles sont différentes mais toutes intéressantes.


- Publié dans : Auteurs M (Mishima, Mérimée, Mauriac..) :
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 11 mars 2008 2 11 03 2008 11:50
Lu hier !  Adoré ! 

En résumé : 

Thérèse Desqueyroux-Laroque, propriétaire landaise, sort du tribunal accompagnée par son avocat et par son père. Accusée d'avoir tenté d'empoisonner son mari, elle vient de bénéficier d'un non-lieu, grace au témoignage de celui-ci, qui la disculpe. Mais elle est coupable et tous le savent. 
images-copie-5.jpg
Son père l'oblige à rejoindre sa famille à Argelouse. Pendant ce trajet, Thérèse procède à une longue introspection, et cherche à élaborer une confession, sa confession, celle qu'elle fera à son mari en arrivant. Commence alors un monologue intérieur où l'on apprend beaucoup des sentiments de Thérèse : sa sensation d'etouffement, ce dégout de son mari, de la sacro-sainte Famille (si lourde et si pesante !!) dont elle a pourtant voulu faire partie en épousant Bernard, son horreur de la maternité, son ennui, le "néant de sa vie". 

Mais de retour à Argelouse, elle ne peut faire entendre sa confession à son mari. Celui-ci la cloitre dans sa chambre, la coupe du monde afin de préserver l'honneur de son nom et de sa famille. Thérèse se laisse aller à la déchéance physique, "sa douleur devenait ainsi son occupation,et -qui sait?- sa raison d'etre au monde".

Je ne vous raconte pas la fin mais jamais Thérèse et son mari ne pourront se comprendre, ils ne parlent pas le meme langage. Bernard, suffisant et sur de son bon droit, n'est pas capable d'entrer dans la tete de Thérèse, cette femme remplie d'elle meme, qui "s'occupe toute entière". 

Un roman magnifique, une héroine-bourreau-victime émouvante et qui nous ressemble à toutes... Ses doutes, ses angoisses, sa recherche du bonheur, sa vision lucide de la vie dans laquelle elle s'est engagée, m'a bouleversé. 

Note : 9/10

Mon P'tit plus : A lire et à relire, pour apprécier la beauté et la profondeur des phrases de Mauriac. Comment un homme peut il notamment comprendre aussi bien la relation mere-enfant si délicate ? " Les femmes de ma famille aspirent à perdre toute existence individuelle. C'est beau, ce don total à l'espèce : je sens la beauté de cet effacement, de cet anéantissement...Mais moi, mais moi..." 
Mon P'tit moins : trop court, de nouveau.
- Publié dans : Auteurs M (Mishima, Mérimée, Mauriac..) :
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Jeudi 21 février 2008 4 21 02 2008 13:08

Sous ce titre un peu pompeux se cache un roman de cape et d'épee plutot sympathique..Pas exactement un roman, si l'on en croit le découpage du texte : 27 episodes différents, 27 scenes en quelque sorte, une mini série qui se déroule effectivement sous le regne de Charles IX. 

images.jpg


Début 1572, Bernard de Mergy, un jeune noble protestant se rend à Paris pour se mettre au service de l'amiral de Coligny. Il rencontre en chemin son frere, catholique, Georges de Mergy, capitaine de l'armée du roi.
A une période de l'histoire ou les choix spirituels se melent aux orientations politiques il est difficile aux deux freres de surmonter ces difficultés. En dépit de leurs différences, les deux freres ont beaucoup d'affection l'un pour l'autre et  passent de bons moments ensemble. Evidemment l'amour s'en mele lorsque Bernard tombe amoureux d'une jeune femme et cherche à rentrer dans les faveurs du roi. La nuit de la St Barthelemy

L'auteur suscite l'interet du lecteur grace aux nombreux rebondissements du roman, et en insistant sur le conflit qui oppose les deux freres : entre devoir moral et amour fraternel.

Note : 6.5/10
Mon Ptit Plus : un roman facile et agréable, du sang,des chevaliers et des intrigues politiques sur fond d'histoire. 
Mon Ptit Moins :...

- Publié dans : Auteurs M (Mishima, Mérimée, Mauriac..) :
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés