Je viens seulement de terminer le Faust et le Second Faust de Goethe. Plus je découvre les œuvres de cet auteur, plus je l’aime. C’est enlevé, lyrique et poétique avec toujours une pointe de drame et de tragédie. Cette fois ci, il s’agit d’une pièce de théâtre, avec des passages chantés, une multitude de personnages magiques et Méphistophélès en personne.
Faust est un docteur érudit et admiré de tous pour son savoir. Malgré cela, il ne jouit pas plus de l’existence que de l’étendue de ses connaissances qu’il considère comme insignifiantes et vides de sens.
C’est alors que lui apparaît, sous la forme d’un chien noir, Méphistophélès en personne. Il propose à Faust un pacte : il s’engage à faire découvrir au Docteur les joies de la vie terrestre, si celui-ci consent à lui donner son âme dès que Faust « dira à l’instant : Reste donc, tu me plais tant ! ». Ainsi lorsque Faust s’estimera satisfait du moment qu’il vit, jusqu’à souhaiter que celui-ci se prolonge à jamais, alors le Diable pourra prendre possession de lui et sera libéré de son service.
Dans Faust I, le diable emmène le docteur par delà les contrées, lui fait connaître l’amour par la personne délicieuse de Marguerite (ou Gretchen), lui fait découvrir les joies de l’existence, telles qu’il les expérimente lui-même depuis des siècles.
Dans Faust II, c’est un tout autre décor qui est planté. Le docteur et Méphistophélès sont appelés à la cour de l’Empereur. Pour amuser les courtisans, Faust part à la recherche d’Helene et de Paris, héros de l’antiquité. Il tombe sous le charme de la princesse et demande à son serviteur Méphistophélès de les emmener en Grèce antique. Faust s’installe dans une des cavernes du littoral avec Hélène, qui met au monde un fils Euphorion, qui meurt prématurément.
La suite dans le roman … Ce serait triché que de tout vous raconter, et vous faire manquer l’extraordinaire pièce qu’est Faust de Goethe. La mort, le but de la vie sur Terre, les angoisses existentielles, les passions qui peuvent aveugler l’homme et le salut de l’âme sont autant de thèmes qui jalonnent ces deux pièces, le tout enrobé dans un lyrisme et une poésie réellement magnifiques.
Un extrait pour vous donner envie :
MEPHISTOPHELES:
Dans un tel esprit tu peux te hasarder : engage-toi ; tu verras ces jours-ci tout ce que mon art peut procurer de plaisir ; je te donnerai ce qu’aucun homme n’a pu même entrevoir.
FAUST :
Et, qu’as-tu à donner, pauvre démon ? L’esprit d’un homme en ses hautes inspirations fut il jamais conçu par tes pareils ? Tu n’as que des éléments qui ne rassasient pas ; de l’or pale qui sans cesse s’écoule des mains comme le vif argent ; un jeu auquel on ne gagne jamais ; une fille qui jusque dans mes bras fait les yeux doux à mon voisin ; l’honneur, belle divinité qui s’évanouit comme un météore. Fais moi voir un fruit qui ne pourrisse pas avant de tomber, et des arbres qui tous les jours se couvrent d’une verdure nouvelle.
MEPHISTOPHELES :
Une pareille entreprise n’a rien qui m’étonne, je puis t’offrir de tels trésors. Oui, mon bon ami, le temps est venu aussi ou nous pouvons faire la débauche en toute sécurité.
FAUST :
Si jamais je puis m’étendre sur un lit de plume pour y reposer, que ce soit fait de moi à l’instant ! Si tu peux me flatter au point que je me plaise à moi-même, si tu peux m’abuser par des jouissances, que ce soit pour moi le dernier jour ! Je t’offre le pari !
MEPHISTOPHELES :
Tope !
rendant à un bal de campagne, il fait la connaissance de la belle Charlotte, la fille aînée du bailli du prince. Il tombe aussitôt sous le charme de Charlotte : "mon âme
toute entière s'attachait à sa figure, à sa voix, à son maintien".