Tout d’abord, je vous souhaite à tous et à toutes une excellente année 2009, peuplée d’histoires extraordinaires, de romans passionnants et de personnages colorés.
Le premier livre commenté en ce début d’année m’a été envoyé gracieusement par le site http://www.babelio.com dans le cadre de leur opération Masse Critique. Le principe est simple : après vous être inscrits sur leur site, vous devez simplement choisir dans une liste le ou les livres qu’il vous plairait de recevoir et de commenter sur votre blog. Et hop ! Le tour est joué.
Voici donc le commentaire de ma première biographie (quelle émotion !) : Le jour où Castro a pris le pouvoir d’Alain Ammar.
Résumé :
Le journaliste Alain Ammar nous emmène à Cuba, ile unique au monde, où, le 2 janvier 1959, les troupes de Fidel Castro, menées par Cienfuegos et Guevara, sont entrées à la Havane.
La révolution castriste commence réellement le 26 juillet 1953, (d’où le nom du Mouvement du 26 juillet ou M-26) lorsqu’en réaction au coup d’état de Batista en 1952, une centaine de guérilléros mal entrainés attaquent la caserne de Moncada, à Santiago de Cuba. Le régime de Fulgencio Batista réprime violemment cette attaque et fait de nombreuses victimes parmi les guérilléros. Fidel Castro et son frère Raoul (actuel président de Cuba) sont emprisonnés et respectivement condamnés à 15 et 13 ans de prison. Fidel Castro prononce un célèbre discours lors de sa plaidoirie (faut-il rappeler qu’il est avocat de formation ?) dont est extrait le fameux : « L’Histoire m’absoudra ».
Libérés grâce à l’amnistie de 1955, les frères Castro s’exilent au Mexique où ils fondent le M-26, mouvement destiné à renverser le régime de Batista. En novembre 1956, les 80 partisans du Mouvement du 26 juillet, accompagnés d’Ernesto Guevara, s’embarquent sur un petit yacht, le Granma et débarquent à Cuba. Ils espéraient que leur arrivée coïnciderait avec les mouvements de grève générale et de révolte prévus sur l’ile pour faire diversion, mais, en raison de leur retard (ils devaient arriver deux jours auparavant) ils furent écrasés par la riposte de Batista (artillerie et aviation). Les survivants se réfugièrent dans la Sierra Maestra, une région très pauvre à l’est de l’île.
Le 2 janvier 1959, Che Guevara et Cienfuegos entrent à La Havane, acclamés par la foule et s’emparent du QG de l’armée et de la forteresse de La Cabana. La grève générale est suivie dans tout le pays et confirme la défaite de Batista, qui s’est enfui la veille de Cuba. Parallèlement, Manuel Urutia, soutenu, voire désigné officieusement par Fidel Castro, prête serment comme nouveau président de la république cubaine.
Le 8 janvier, Fidel Castro fait une entrée triomphante à La Havane. De nombreux pays reconnaitront le régime dans les heures et les jours qui suivent. Son caractère unique et son exceptionnelle longévité feront de Fidel Castro le maitre de Cuba jusqu’au 24 février 2008.
Commentaire :
Alain Ammar, dans Le jour où Fidel a pris le pouvoir, retrace sans concession mais avec clarté les événements historiques qui se sont déroulés à Cuba.
Loin d’être une énième rétrospective des événements, ce livre est unique car basé sur les entretiens de l’auteur avec Huber Matos, Commandant de la colonne 9 (celle qui libéra Santiago de Cuba). Huber Matos, humaniste et démocrate, entrera dans la Havane aux cotés de Fidel, le 8 janvier 1959. La tournure qu’imprime progressivement Castro à la révolution cubaine déplait fortement à Matos, qui condamne les arrestations et les exécutions arbitraires qui se multiplieront sous le régime castriste. Opposé à Fidel Castro, il sera condamné à 20 ans de prison, qu’il effectuera au jour près. Il vit aujourd’hui à Miami.
Un livre à conseiller, accessible et clair, même pour ceux qui ne connaissent rien à Cuba et à son histoire. Cela donne vraiment envie d’en apprendre plus …